Paysage(s) : l'écriture et l'image dans l'oeuvre romanesque de Jane Urquhart

par Anne-Sophie Letessier

Thèse de doctorat en Études du monde anglophone

Sous la direction de Claire Omhovère.

Le président du jury était Pascale Guibert.

Le jury était composé de Catherine Lanone.

Les rapporteurs étaient Bénédicte Coste, Georges Letissier.


  • Résumé

    Cette étude se propose d’analyser les relations entre le paysage, l’écriture et l’image dans les romans de Jane Urquhart afin de rendre compte des enjeux politiques et esthétiques des interrogations qui sous-tendent l’écriture paysagère dans son œuvre. En mettant en scène différentes manières de voir, de regarder et d’appréhender l’environnement, la romancière fait perdre son caractère d’évidence au paysage, défini comme une vue que le regard du spectateur embrasse. En effet, chez Urquhart, il n’y a pas du paysage, mais des paysages, le texte travaillant les cadres intertextuels et interpicturaux pour faire jouer les écarts entre les différentes formes que peut prendre le paysage. Il ne convoque pas l’image pour dire le paysage, mais pour mettre en lumière les limites de sa définition visuelle et esthétique. Ceci nous invite donc à repenser le lien entre visibilité et paysage. Refuser de dire le paysage par le biais de l’effet-tableau et de l’ekphrasis paysagère pour mieux le dissocier de sa définition picturale permet à Urquhart de réfléchir au rapport analogique entre le faire de l’image et l’épreuve paysagère. L’effacement du visible, par lequel le texte cherche à détacher le paysage et l’image de leur définition aspectuelle, est ainsi une problématique d’écriture. Si, dans tous les romans d’Urquhart, la langue s’affronte à un espace, ce qu’elle cherche à en dire et à mettre en œuvre varie. On peut rendre compte de cet infléchissement en faisant jouer l’ambivalence de l’expression « l’épreuve de l’écriture », expression dans laquelle l’écriture est à la fois matière et sujet.

  • Titre traduit

    Landscape(s) : text and image in Jane Urquhart's novels


  • Résumé

    This dissertation proposes to analyze the relations between landscape, images and text in the novels by Jane Urquhart in order to shed light on the political and aesthetic interrogations underlying her landscape writing. As Urquhart dramatizes different ways of seeing, representing and experiencing landscape, the very term no longer appears self-evident, which may prompt the reader to prefer the plural form: landscapes. Indeed, the interplay between the intertextual and interpictorial frames the novelist draws upon and displaces becomes a field of investigation. She does not conjure up the pictorial image to better describe landscape, but rather to probe the limits of its visual and aesthetic definition as “a view or prospect of natural scenery.” By doing so, she reconsiders the relation between visibility and landscape. Refusing to write about the latter through “painting-effects” or ekphrasis, she reflects upon the analogy between the efficacy of images and landscape as an event in the course of which the beholder is affected by his/her surroundings. The erasure of the visible provides her with a device to dissociate both the pictorial images and landscape from aspectual apprehension. While in each of her novels language is confronted with the challenge of representing space, one may read them as a series of reconfigurations which can be accounted for by considering what the text does in relation to landscape.

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