Identité de genre et auto-objectivation : une comparaison entre bodybuilders-es et non-pratiquants

par Marie Gomez (Cholley)

Thèse de doctorat en PSYCHOLOGIE spécialité Psychologie sociale

Sous la direction de Pascal Moliner et de Éric Péréra.

Les rapporteurs étaient Anne Marcellini, Lionel Dany.


  • Résumé

    Le bodybuilding incarne l’une des formes contemporaines de façonnage et de transformation -littéralement, de construction – corporelle les plus spectaculaires. La surenchère musculaire évoque d’emblée la masculinité, sur un mode hyperbolique, mais non sans contradictions : car ces corps hypertrophiés n’ont pas d’autre but qu’esthétique, rompant avec la logique sportive qui suppose l’accomplissement d’une performance. Au sein de ce sport-spectacle, l’idéal corporel bodybuildé -alliant les critères triadiques de volume, définition et symétrie - est atteint par un travail méticuleux et morcelé de chaque groupe musculaire, et un véritable dispositif disciplinaire quotidien, proche de l’ascèse. Notre travail se propose d’interroger les ambiguïtés et contradictions que soulève la pratique du culturisme au regard de l’identité corporelle et genrée. Dans un premier temps, il s’agira d’étudier la façon dont les hommes et femmes culturistes établissent une définition genrée d’eux-mêmes et la perception qu’ils ont des groupes masculin et féminin, en comparaison de sujets qui ne pratiquent pas. Par la suite, à partir de la question du primat de l’apparence dans la conception de soi, on s’est intéressé aux construits de l’auto-objectivation : la tendance à privilégier des attributs corporels esthétiques au détriment d’attributs fonctionnels, la surveillance (ou monitoring de son apparence) et la honte corporelle. Les résultats des axes quantitatif et qualitatif mettent en évidence une identité corporelle spécifique au groupe culturiste, davantage marquée par l’objectivation, ainsi qu’une identité genrée également spécifique, relevant d’une description plus masculine, mais non moins féminine de soi. Au sein du groupe culturiste, certaines différences de mesure liées au sexe tendent à disparaître ; les données qualitatives suggérant également une homogénéisation des représentations (en particulier, le caractère « a-genré » du muscle) entre bodybuilders et bodybuildeuses. Ces éléments sont, en conclusion, discutés au regard de la théorie de l’identité sociale et plus particulièrement de l’auto-catégorisation

  • Titre traduit

    Gender's identity and self-objectification : a comparison between bodybuilders and non-bodybuilders


  • Résumé

    Bodybuilding is one of the contemporary forms of body transformation and shaping - literally of body construction - which lies within the most spectacular. The acute work out for muscles immediately evokes masculinity, on a hyperbolic mode, but not without contradictions: because those hypertrophied bodies don’t have any other goal but esthetical, breaking up with the common logic of sports that implies as a matter of fact the accomplishment of a performance. Within this sport-show, the ideal body suggested by bodybuilding – combining the triadic criteria of volume, definition and symmetry – is reached by a meticulous and fragmented work out of each muscular group, and a real daily disciplinary arrangement, close to asceticism. Our work intends to question the ambiguities and contradictions raised by the practice of bodybuilding in the light of corporal and gender identity. First, we will study how male and female bodybuilders picture a gender definition of themselves and the perception they have of masculine and feminine groups, compared to individuals that do not have this practice. Afterwards, on the basis of the primacy question of appearance within the conception of the self, our interest grew for the self-objectification constructions: the tendency to favor physical and esthetical attributes at the expense of functional attributes, the appearance monitoring and the physical shame. The results of the quantitative and qualitative axis highlight the corporal identity specific to bodybuilders’ group, particularly marked by the objectification, as well as a gender identity also specific, going with a foster masculine description, but not less feminine. Within the bodybuilders’ group, a few measuring differences gender-related seem to disappear; the qualitative data suggesting also a homogenization of the mindsets (in particular, the asexual character of the muscle) between male and female bodybuilders. These components are, to conclude, discussed in the light of the social identity theory and most particularly self-categorization theory.

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