Une Défense du sentimentalisme : émotions, motivations et valeurs

par Samuel Lepine

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Denis Forest et de Claude Gautier.

Soutenue le 21-11-2016

à Lyon , dans le cadre de École doctorale de philosophie (Lyon) , en partenariat avec Université Jean Moulin (Lyon) (établissement opérateur de soutenance) .

Le président du jury était Laurent Jaffro.

Le jury était composé de Denis Forest, Claude Gautier, Luc Faucher, Laurent Jaffro, Stéphane Lemaire, Fabrice Teroni.

Les rapporteurs étaient Laurent Jaffro, Fabrice Teroni.


  • Résumé

    Ce travail propose une présentation et une défense du "sentimentalisme", c’est-à-dire de la théorie philosophique selon laquelle les émotions constituent notre principal accès aux valeurs, et la source de nos jugements évaluatifs. Après avoir brièvement retracé les origines historiques de ce courant (Shaftesbury, Hutcheson, Hume, et Adam Smith), j’examine la littérature psychologique et philosophique actuelle portant sur les émotions. Je propose une définition de la fonction des émotions, en soutenant que ce sont des "attitudes" corporelles et cognitives dotées d’une intentionnalité évaluative. Elles nous permettent ainsi d’apprécier la valeur des objets en fonction de leur pertinence pour nos états motivationnels, tels que nos désirs ou nos sentiments. Je procède ensuite à une analyse des conséquences épistémologiques et métaphysiques que l’on peut dériver de cette thèse. Je montre que les émotions sont susceptibles de jouer un rôle crucial dans notre connaissance des valeurs, en étudiant le débat relatif aux "conditions de correction" des émotions. Je propose de distinguer ici deux caractérisations des conditions de correction qui ne sont généralement pas explicitées dans les débats actuels, que j’appelle la conception "indépendantiste" et la conception "motivationnelle". J’argumente en faveur de la deuxième approche, et je défends la thèse selon laquelle les émotions constituent un accès fiable aux valeurs, lorsqu’elles sont basées sur des motivations qui sont elles-mêmes correctes ou appropriées. Selon cette approche, les valeurs doivent être comprises comme des propriétés réelles et relationnelles. Je m’intéresse enfin plus particulièrement au rôle que les émotions sont susceptibles de jouer dans les jugements moraux. Après avoir écarté les théories innéistes au sujet de la morale, je soutiens que les émotions sont des conditions nécessaires au développement de la moralité.

  • Titre traduit

    In Defense of sentimentalism : emotions, motivations and values


  • Résumé

    This dissertation is both a presentation and a defense of "sentimentalism", the philosophical theory according to which emotions constitute our main access to values, and the source of our evaluative judgments. After considering briefly the historical origins of this philosophical approach (Shaftesbury, Hutcheson, Hume, and Adam Smith), I review the current psychological and philosophical literature about emotions. I define the function of emotions, arguing that they are bodily and cognitive "attitudes" that possess an evaluative intentionality. They allow us to appraise the value of objects according to their relevance for our motivational states, like our desires or sentiments. I proceed then to an analysis of the epistemological and metaphysical consequences that we can draw from this thesis. I show that emotions are likely to play a crucial role in our knowledge of values, focusing on the debate about the "correctness conditions" of emotions. I propose a distinction between two characterizations of correctness conditions, which are generally not explicit in the literature, and which I name the "independence" approach and the "motivational" approach. I argue in favor of the latter and I defend the thesis that emotions constitute a reliable access to values, when they are based on motivations that are themselves correct or appropriate. According to this view, values should be conceived as real and relational properties. Finally, I consider the role which emotions may play in our moral judgments in particular. After having rejected nativist accounts of our moral competence, I claim that emotions are necessary conditions to the development of our moral life.


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