Parcours migratoires et scolaires d'enfants arméniens à Valence durant l'entre-deux-guerres

par Jean-Sébastien Gauthier

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Sylvie Schweitzer.

Soutenue le 16-12-2016

à Lyon , dans le cadre de École doctorale Sciences sociales (Lyon) , en partenariat avec Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (Lyon) (laboratoire) , Université Lumière (Lyon) (établissement opérateur d'inscription) et de LAboratoire de Recherche Historique Rhône-Alpes - UMR5190 / LARHRA (laboratoire) .

Le président du jury était Judith Rainhorn.

Le jury était composé de Marianne Thivend, Jean-Yves Seguy.

Les rapporteurs étaient Martine Hovanessian.


  • Résumé

    Lancés sur les routes de l’exil, suite au génocide de 1915 perpétré par le gouvernement JeuneTurc, les réfugiés arméniens sont à la recherche d’un territoire susceptible de les accueillir.Après un exode qui a duré plusieurs années, et qui les a conduits dans les pays de la péninsule balkanique et dans tout le Proche-Orient, certains font le choix de la France. C’est en 1922 ou 1923 (selon les sources) que les premiers réfugiés arrivent à Valence. D’autres leur emboîtent le pas les années suivantes. Mon étude tente de mettre en évidence les parcours migratoiresdes familles arméniennes valentinoises et des enfants scolarisés, depuis leurs lieux d’origine jusqu’à Valence. Plusieurs vagues migratoires, plus ou moins longues selon la durée de déplacements des populations, et parfois simultanées ou enchevêtrées, se succèdent. Très souvent, l’itinéraire, qui a conduit les familles arméniennes dans la cité drômoise, n’a pas été direct depuis leur débarquement à Marseille, mais jalonné d’étapes, qui sont autant de marqueurs des situations socio-économiques rencontrées avant leur installation à Valence, parfois définitive pour de nombreuses familles. Mon étude tente également de faire apparaîtreles différents parcours scolaires effectués au sein de l’école française. Dès les premières arrivées, les enfants entrent à l’école primaire et suivent des parcours variés, même si, pour les premiers arrivants, la préoccupation au sortir de la scolarité obligatoire reste l’obtention immédiate d’un emploi. Les parcours au sein d’un enseignement organisé en deux filièresprincipales et socialement inégalitaires ne sont pas simples et des difficultés diverses se dressent, amenant certains à abandonner soit leurs études secondaires, soit à se maintenir au sein de l’école primaire. Le système scolaire accueille ces enfants et l’enjeu linguistique passe au premier plan. D’autres élèves y mènent un parcours brillant. Sous l’influence de lasituation socioéconomique locale, les familles arméniennes opèrent des choix pour leurs enfants et des comportements se dessinent. Si pour certaines, le système scolaire doit permettre une émancipation et l’apprentissage d’un métier, au travers des professions d’ouvriers qualifiés ou de techniciens mais aussi d’emplois de bureau, pour d’autres, la reprise d’une affaire commerciale familiale ou l’apprentissage d’une profession artisanale s’impose. Le passage par l’école obligatoire permet d’atteindre un niveau linguistique plus sûr, mais aussi une qualification plus importante, qui enrichit l’affaire familiale. La destinée familiale a très souvent tracé un avenir scolaire aux enfants de la seconde génération, revu à l’âge adulte avec de nouvelles opportunités professionnelles.

  • Titre traduit

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  • Résumé

    Launched on the exile roads, after the 1915 genocide caused by the Jeune-Turc government, the Armenian refugees were in search of a territory open to welcome them. After an exodus which lasted several years and led them into the Balkan States and the whole Near East, some of them made the choice of France. The first refugees turned up in Valence in 1922 or 1923 (itdepends on the pieces of information). Others followed a few years later. My study attempts to show the Armenian families and children’s geographical routes, from their places of origin to Valence. Several more or less varied waves of immigrants occurred. Very often, the trip from Marseille to the “Cité drômoise” was not straight. The different stages of their French itinerary appear as markers of their varied social and economic conditions before their arrival in Valence. My contribution will also attempt to show the different school careers they made in French schools. As soon as the first arrived, children were sent to primary school and had varied school careers, even if labor remained a priority at the end of their compulsory education. The school careers in the two main educational profiles- socially unequal- were not simple and many pupils had difficulties in completing their primary or secondary schooling. The French school welcomed these foreign pupils and the acquisition of the French language was the most important issue. Other pupils had outstanding courses. Affected by the local socio-economic circumstances, the Armenian families made choices for their children. For some of them, school had to promote the learning of a trade, as skilled labourers, technicians or office workers. Others expected their children to continue the family business. Compulsory schooling promoted the acquisition of the French language but also increased the qualification levels. The Armenians wanted a future for their children and resigned themselves to the choices of their parents. After their teenage years, their professions changed and the families’ destinies advanced with new career opportunities.


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