"Le passé n’est ainsi qu’une invention du présent" : formen kritischen historischen Erzählens im französischen Gegenwartsroman (Simon, Forest, Rouaud, Kaddour)

par Johannes Dalhem

Thèse de doctorat en Littérature

Sous la direction de Martine Boyer-Weinmann.

Soutenue le 28-09-2016

à Lyon en cotutelle avec l'Eberhard-Karls-Universität (Tübingen, Allemagne) , dans le cadre de École doctorale Lettres, langues, linguistique, arts (Lyon) , en partenariat avec Passages XX-XXI (Lyon) (laboratoire) et de Université Lumière (Lyon) (établissement opérateur d'inscriptions) .

Le président du jury était William Marx.

Le jury était composé de Susanne Goumegou, Maria Moog-Grünenwald, Wolfgang Asholt.

  • Titre traduit

    "Le passé n’est ainsi qu’une invention du présent" : le récit historique critique dans le roman contemporain français (Simon, Forest, Rouaud, Kaddour)


  • Résumé

    La thèse se propose d’étudier différentes formes de la représentation du passé dans le roman contemporain français. Si la recherche a pu constater, depuis un certain temps déjà, un véritable « retour de l’Histoire » sur la scène littéraire actuelle, force est de constater que chez certains auteurs, ce « retour » s’accompagne d’une méfiance profonde à l’égard de la connaissance de l’Histoire et des formes (culturelles, littéraires) de sa mise en récit. Ainsi Philippe Forest, dans Le Siècle des nuages (2010), raconte-t-il l’histoire de son père tout en se posant la question de savoir comment on peut écrire cette histoire qui constamment se dérobe. Il en sort un roman historique paradoxal et foncièrement autoréférentiel qui se construit et se déconstruit sous les yeux du lecteur. De façon comparable, Jean Rouaud, dans L’Imitation du bonheur (2006), invite son lecteur dans « l’atelier » de l’écrivain afin d’exhiber les sources et les ressources de son travail. Il ne se sert ainsi des techniques de l’illusion réaliste que pour mieux les parodier par la suite. Dans Waltenberg (2005) d’Hédi Kaddour, en revanche, la critique du récit historique se fait à travers la fragmentation de l’intrigue, la multiplication des temps et des lieux ainsi que par l’abandon de la linéarité. Aussi l’auteur nous présente-t-il une histoire éclatée qui se soustrait aux catégories d’unité et de cohérence. Bien que les stratégies de représentation dans ces trois romans soient diverses, elles renvoient pourtant à un concept commun que je propose ici d’appeler le récit historique critique.Dans la partie principale de mon travail, il s’agit d’analyser les trois romans mentionnés ci-dessus en tenant compte, notamment, des outils méthodologiques élaborés par la narratologie (D. Cohn, A. Nünning, W. Wolf) et par la théorie de l’histoire (H. White, P. Ricœur, R. Kosel-leck). Cette partie principale est précédée d’une partie plus « théorique » subdivisée en trois axes de recherche : L’approche systématisante essaie de condenser certaines des caractéristiques les plus importantes du récit historique critique dans une vue d’ensemble, élargissant par ailleurs le propos sur d’autres textes littéraires (contemporains). L’approche historicisante se propose de tisser un lien entre les romans analysés dans la partie principale de la thèse et l’œuvre de Claude Simon, considérée ici comme une sorte de paradigme esthétique pour une nouvelle écriture de l’histoire. L’approche comparative, enfin, tourne le regard vers les historiens professionnels (Ginzburg, Jablonka, Boucheron) qui, à l’instar des romanciers, ont exploré, ces derniers temps, de nouvelles formes de mise en récit du passé. Si ces nouvelles formes se rapprochent du récit littéraire par l’usage qu’elles font de la fiction, elles restent néanmoins sceptiques sur la possibilité même de représenter le passé, devenant de la sorte comme un équivalent en histoire du récit historique critique littéraire.

  • Titre traduit

    « Le passé n’est ainsi qu’une invention du présent » : critical Historical Narration in French Contemporary Literature (Simon, Forest, Rouaud, Kaddour)


  • Résumé

    This PhD thesis offers a study of different forms of representations of the past in the French contemporary novel. Since several years, literary critics agree that there has been something like a “return to history” on the actual literary scene. But we also have to state that some con-temporary authors combine this “return” with a profound suspicion against the knowing of history and the (cultural or literary) forms of telling it. In his Le Siècle des nuages (2010), Philippe Forest tells the story of his father while at the same time questioning himself about how to represent a story which seems to withdraw itself constantly. The result is somewhat paradoxical and may be described as a self-referential historical novel that constructs and deconstructs itself in front of the reader’s eyes. In a similar way, Jean Rouaud’s L’Imitation du bonheur (2006) invites its reader in the artist’s workshop in order to reveal the sources and the resources of the story. Exploiting the techniques of realistic illusion, Rouaud is in fact parodying them. Waltenberg (2005) by Hédi Kaddour acts differently: in this novel, historical narration is undermined by a broken storyline, by a pluralization of times and spaces and by the abandoning of the chronological order. Thus the author confronts us with a history “in pieces” that doesn’t obey the principles of unity and coherence anymore. Even if the strategies of historical representation are quite different in these three novels, they are all based on a common concept which I suggest to call “critical historical narration”.The main part of my work consists of the analysis of the three novels mentioned above, an analysis which is mostly based on methods provided by narratology (D. Cohn, A. Nünning, W. Wolf) or theory of history (H. White, P. Ricœur, R. Koselleck). This main part is preceded by a more general part that is subdivided into three theoretical approaches: the systematizing approach tries to reunite some of the most important features of critical historical narration in a synopsis and thereby takes also account of other (contemporary) literary texts. The historical approach connects the novels analysed in the main part of this thesis to the work of Claude Simon, which will be considered here as an esthetical paradigm for a new kind of historical narration. Finally, the comparative approach focuses on professional historians (Ginzburg, Ja-blonka, Boucheron) who have been exploring new strategies of historical writing in the same way that novelists have done. Indeed, if these new strategies converge with those in literary writing because of the use they make of fiction, they are nevertheless included in a more general reflection on the possibilities of representing the past. Historiography thus may provide something like an equivalent to critical historical narration in literature.

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