Empreintes monastiques en moyenne montagne du XIIe siècle à l’Actuel : archéologie des espaces et des paysages cisterciens dans les anciens diocèses de Clermont et du Puy

par Emmanuelle marie Bouvard

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Nicolas Reveyron.

Soutenue le 09-02-2016

à Lyon , dans le cadre de École doctorale Sciences sociales (Lyon) , en partenariat avec Archéométrie et Archéologie (Lyon, Rhône) (équipe de recherche) et de Université Lumière (Lyon) (établissement opérateur d'inscription) .


  • Résumé

    La présence cistercienne en Auvergne et Velay bénéficie pour la première fois d’un travail de synthèse. L’ordre de Cîteaux dans les anciens diocèses de Clermont et du Puy représente dix abbayes fréquemment ignorées par l’historiographie ; Montpeyroux, Bellaigue, Feniers, et Le Bouchet (diocèse de Clermont) forment la branche masculine de cette colonisation, alors que L’Éclache, La Vassin, Mègemont (diocèse de Clermont), Bellecombe, Clavas et La Séauve-sur-Semène (au diocèse du Puy) sont destinées à des moniales. L’essaimage s’effectue entre 1126 et le tout début du XIIIe s. Il est dû à l’aristocratie locale qui fait de ces établissements des marqueurs territoriaux en y instaurant ses sépultures et en alimentant les vocations monastiques. Leur localisation frontalière, soit en situation de marche, participe à ce manifeste politique, tout en favorisant la mise en valeur économique de terroirs éloignés du siège seigneurial. Aussi, malgré un maillage monastique très dense préalablement à leur venue, les Cisterciens obtiennent une place particulière dans le paysage religieux des deux diocèses, tant dans leurs liens aux élites locales, que par les espaces interstitiels dont ils héritent, en marge des grands axes vitaux habituels (couloirs ligériens et élavérins). Ces résultats correspondent à la première étape de notre travail qui a consisté à confronter les divers agents des territoires diocésains à l’occupation cistercienne par une enquête historiographique et par la production d’une cartographie analytique. Un second temps de la recherche a été consacré à l’approche morphologique des sites accueillant les ensembles monastiques.Le croisement des données archivistiques (séries du clergé régulier, des eaux et forêts, cadastre napoléonien principalement), bibliographiques (notes d’érudition du XIXe s., articles érudits récents, littérature régionaliste, articles scientifiques, rapports archéologiques, mémoires et publications universitaires…) avec les témoins archéologiques participent d’une prospection sensu lato à laquelle s’ajoute une dimension géomorphologique, dans la mesure de nos compétences avant tout archéologiques. Outre l’ouverture très ponctuelle des archives sédimentaires par des sondages, des coupes stratigraphiques de berge et des carottages sur 4 sites tests en collaboration avec des géomorphologues, le travail initial a consisté en l’interprétation de la documentation cartographique et photographique ( ressources de l’Institut Géographique National) permettant une approche territoriale diachronique. Une fois les formes signifiantes du paysage repérées selon des principes empruntés à l’archéogéographie, et les vestiges des abbayes et de leur environnement immédiat caractérisés (identification et étude partielle selon le cas, inventaire des aménagements hydrauliques), une campagne de levés topographiques a été mise en œuvre sur 6 établissements (la totalité du corpus n’a pu jouir d’un traitement uniforme pour des raisons d’accessibilité, de couvert végétal, ou de conservation des vestiges). Les résultats sont présentés selon un corpus analytique constitué des 10 abbayes sus-citées. L’ensemble de ce travail est finalement discuté selon trois points : les systèmes relationnels entre les établissements cisterciens et l’aristocratie locale (topolignage), la définition économique et spatiale des domaines monastiques, et les logiques pragmatiques et idéologiques d’aménagement des sites.

  • Titre traduit

    Mid-mountain monastic marks from the XIIth century to the contemporary : archaeology of Cistercian areas and landscapes in the former Clermont and Le Puy dioceses


  • Résumé

    The Cistercian presence in Auvergne and Velay benefits for the first time from a synoptic work. The Cistercian order in the former Clermont and Le Puy dioceses encompasses ten abbeys frequently ignored by historiography: Montpeyroux, Bellaigue, Feniers and Le Bouchet (Clermont diocese) formed the male branch of the settlements, whereas L’Éclache, La Vassin, Mègemont (Clermont diocese), Bellecombe, Clavas and La Séauve-sur-Semène (Le Puy diocese) were aimed for nuns. The swarming took place between 1126 and the very beginning of the XIIIth century, due to the local aristocrats turning those settlements into territorial landmarks by setting up their burial places there and feeding monastic aspirations. Their borderline localization, i.e. as marches, participated in this political stance, all the while contributing to the economic stimulation of lands remote from the lord’s main estate. Hence, despite a dense mesh of monasteries prior to their coming, the Cistercians obtained a singular position in the religious landscape of both dioceses, as much regarding their links to local elites as regarding the interstitial spaces which they inherited, on the side of the main vital axes (the Loire and Allier rivers corridors). These results constitute the first step in our work, which consisted in confronting the various agents of the diocese’s territories with the Cistercian occupation through a historiographical investigation and the production of analytical cartographic material. The second step of the research dealt with the morphological study of the sites hosting the monastic compounds.The addition of archival data (mainly records from the regular clergy, the National Forests Office, and the Napoleonic land registers) to bibliographic information (scholar notes from the XIXth century, recent specialist’s articles, regionalist literature, scientific articles, archaeological reports, memoirs and academic publications…) along with archaeological evidence pertained to a wide-ranging prospection, which was enhanced with a geomorphological approach, insofar as our mainly archaeological skills allowed. In addition to the study of sedimentary rocks through occasional soundings, stratigraphic cross-sections of riverbanks, and core samples taken off four reference sites with the assistance of geomorphologists, the initial research consisted in interpreting the cartographic and photographic records (documents from the National Geographic Institute) so as to envision a diachronic approach to the territorial data. Once the significant aspects of the landscape were located, according to principles borrowed from archeogeography, and after the relics of both the abbeys and their immediate surroundings were marked (identification and partial research according to the situation, inventory of the hydraulic constructions), a topographic study was initiated in six structures (a homogeneous treatment could not be secured for the whole corpus for reasons connected to accessibility, plant coverings and preservation of the relics). The results are presented using an analytical corpus set up from the foregoing ten abbeys.To conclude, the whole research is apprehended through three points: the systemic relationships between the Cistercian settlements and the local aristocracy (topolineage); the definition of the monastic domains from an economic and spatial perspective; and the ideological and pragmatic considerations leading to the arrangement of the constructions.


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