Epistémologie et pratiques psychométriques

par Jean-Louis Bernard

Thèse de doctorat en Sciences de l'éducation

Sous la direction de Jean-Claude Régnier.

Soutenue le 04-02-2016

à Lyon , dans le cadre de École doctorale Sciences de l'éducation, psychologie, information et communication (Lyon) , en partenariat avec Interactions, corpus, apprentissages et représentations (Lyon, Rhône) (équipe de recherche) et de Université Lumière (Lyon) (établissement opérateur d'inscription) .

Le président du jury était Jorge Tarcísio Da Rocha Falcão.

Le jury était composé de Jean-Claude Régnier, Jacques Pain, Jacques Cosnier.

Les rapporteurs étaient Yvan Abernot.


  • Résumé

    Cette thèse expose les résultats d’une recherche praticienne inédite menée pendant plusieurs décennies auprès de psychologues du travail exerçant une fonction de sélection-orientation, dans un organisme public, auprès d’une population d’adultes dans des conditions professionnelles et techniques strictement identiques. Toute évaluation d’un potentiel intellectuel réalisée selon la méthode des tests psychométriques n’est pas réductible aux résultats obtenus. Ceux-ci doivent nécessairement être interprétés par le psychologue pratiquant l’examen. C’est une exigence méthodologique inhérente à la pratique des tests. Dans cette phase d’interprétation se trouve à l’œuvre un processus décisionnel que l’on peut supposer d’autant plus opaque qu’il est sous l’emprise d’un pouvoir discrétionnaire : celui du praticien en charge de l’évaluation. Cette nécessité du processus d’interprétation d’une performance obtenue à un test pourrait être de nature à contrarier, voire contredire, les règles de rigueur et de stricte objectivité de la méthode expérimentale à laquelle se référent les tests psychométriques. Il est donc légitime d’avancer l’hypothèse que la conclusion émise par l’évaluateur ne peut échapper pour une part à sa subjectivité. Ne résulte-t-il pas alors un hiatus induisant une rupture épistémologique ? L’ampleur des données recueillies à partir de près de 40.000 dossiers psychotechniques permet une étude différentielle de la « production » de ces psychologues du travail. Par une approche statistique, nous avons analysé la variabilité des interprétations et des décisions associées au sein de l’échantillon des évaluateurs. Il ressort des analyses des données qu’est confirmée l’hypothèse initiale d’un défaut, intrinsèquement lié à leurs mise en pratique, des techniques de tests psychométriques pour parvenir à un niveau d’objectivité satisfaisant permettant d’appuyer l’orientation des sujets candidats. Ces travaux de recherche qui réunissent en définitive les caractéristiques et les conditions d’une approche docimologique apportent une preuve supplémentaire que ces techniques d’évaluation ne sauraient prétendre au niveau d’objectivité scientifique dont elles se réclament. Ils mettent en évidence l’empreinte subjective liée à toute évaluation à base de tests psychométriques conduisant à s’interroger sur la pertinence des discours habituellement tenus sur l’utilité sociale de celle-ci.

  • Titre traduit

    Epistemology and psychometric practices


  • Résumé

    This thesis presents the results of unprecedented practitioner research conducted for several decades with work psychologists holding a position of selection and work orientation, in a public organization, in a population of adults in strictly identical professional and technical conditions.Any assessment of intellectual potential realized according to psychometric testing method is not reducible to the results obtained. These must necessarily be interpreted by the psychologist doing examination. This is an inherent methodological requirement to conducting tests. In this phase of interpretation there is a decision-making process that we can assume even more opaque for it is under the influence of discretion: that of a practitioner in charge of the evaluation.This necessity of the interpretation process of a test performance might be likely to impede or even contradict the rules of rigor and of strict objectivity of the experimental method to which the psychometric tests refer. It is therefore legitimate to advance the hypothesis that the conclusion issued by the evaluator can not avoid in part his subjectivity. Does not it follow then a hiatus inducing an epistemological break?The extent of data collected from nearly 40,000 psychotechnical records allows a different study of the "production" of these work psychologists. With a statistical approach, we have analyzed the variability of interpretations and associated decisions within the sample of evaluators. It appears from the data analysis that was confirmed the initial assumption of a flaw, intrinsically bound to their implementation, psychometric testing techniques to achieve a satisfactory level of objectivity that will support the orientation of candidates.This research project that ultimately brings together the characteristics and conditions of a docimological approach provides an additional evidence that these assessment techniques can not assert the level of scientific objectivity which they claim. They highlight the subjective mark of any assessment based on psychometric tests leading to wonder about a relevance of position usually held on the social utility of assessment.

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