Poétique du sacré chrétien dans les filmographies de Pier Paolo Pasolini et Andreï Tarkovski

par Loïc Millot

Thèse de doctorat en Arts

Sous la direction de Fabrice Montebello et de Natacha Thiéry.

Soutenue le 01-12-2016

à l'Université de Lorraine , dans le cadre de Ecole doctorale Fernand Braudel (Nancy-Metz) , en partenariat avec Laboratoire lorrain de sciences sociales (Metz) (laboratoire) .

Le président du jury était Hervé Joubert-Laurencin.

Le jury était composé de Daniel Biltereyst.

Les rapporteurs étaient Antoine de Baecque, José Moure.


  • Résumé

    C’est parce qu’il existe historiquement un fonds commun, le christianisme, que les films de Pier Paolo Pasolini (1922-1975) peuvent communiquer par l’intermédiaire du sacré avec les films d’Andreï Tarkovski (1932-1986). Leurs carrières de cinéastes débutent presque au même moment, au début des années 1960, et dans le même pays, l’Italie. Le premier film réalisé par Pier Paolo Pasolini, Accattone (Accattone, 1961), est projeté pour la première fois à la Mostra de Venise le 31 août 1961, là-même où L’Enfance d’Ivan (Ivanovo detstvo, 1962) de Tarkovski recevra l’année suivante le premier « Lion d’or » de l’histoire du cinéma soviétique. La religion n’occupe cependant pas la même place dans la vie sociale italienne, où le catholicisme est religion d’État jusqu’en 1984, que sous un régime athée fondé sur la « Séparation de l’Église avec l’État et avec l’École » en vertu de la loi du 23 janvier 1918. Nous formons l’hypothèse que leurs poétiques engagent respectivement une fonction critique à l’égard d’un pouvoir ayant autorité sur le sacré. Cette charge critique s’exercerait pour Tarkovski à l’encontre de la politique athée et matérialiste du régime soviétique, que ce soit à la fin du gouvernement de Krouchtchev (1953-1964) ou celui de Leonid Brejnev (1964-1982) sous lequel il évolue principalement en tant qu’artiste soviétique. Dans le cas de Pasolini, cette charge critique s’exercerait à l’encontre de la religion catholique et de son alliance politique avec la Démocratie chrétienne. Dans les deux cas, il s’agit d’investir et de s’approprier l’opposition fondamentale entre le sacré et le profane pour redéfinir leur frontière et leur répartition dans l’espace et le temps. Le parcours que nous suivrons s’échelonnera en trois parties. La première est axée sur la façon dont les réalisateurs ont respectivement actualisé au cinéma un paradigme de l’incarnation pour élaborer des figures christiques. Par leur intermédiaire, les réalisateurs nouent respectivement des rapports avec la liturgie, tantôt pour briser l’identification constituée historiquement sur « le » Christ de l’Église, tantôt pour réintroduire le culte et la tradition orthodoxes refoulés par le régime soviétique. Dans une deuxième partie, nous interrogeons la façon dont la représentation des corps et des sexualités mettent en tension le sacrilège et le sacré. Il faudra penser la dialectique du sacré et du profane avec des autorités ayant pouvoir de sanctionner la représentation des corps. La troisième partie, enfin, appréhende le sacré et le profane comme deux catégories opposées contribuant à la reconfiguration politique de l’espace et du commun. Nous analyserons l’emploi de traditions chrétiennes et la relation fondée sur la sanction qui unit des peuples « saints » à des formes de souveraineté politique se présentant elles-mêmes comme des autorités sacrées, séparées du commun des mortels

  • Titre traduit

    Poetic of Sacred christian in the Filmography of Pier Paolo Pasolini and Andreï Tarkovski


  • Résumé

    Because there exist historically a common culture, Christianity, that the films of Pier Paolo Pasolini (1922-1975) can communicate with the films of Andreï Tarkovski (1932-1986). Their careers of filmmakers begin almost at the beginning of the years 1960, and in the same country, Italy. The first film carried out by Pier Paolo Pasolini, Accattone (Accattone, 1961), is shown for the first time at Mostra of Venice on August 31st, 1961, where the Childhood of Ivan (Ivanovo detstvo, 1962) of Tarkovski will receive the following year the first “gold Lion” of the History of the Soviet cinema. The religion does not occupy however the same place in the Italian social life, where Catholicism is religion of State until 1984, which under a Soviet regime based on the “Separation of the Church with the State and the School” since 1918. Their poetic respectively engage a critical function with regard to a power having authority on Sacred Christian. This criticism would be exerted for Tarkovski against the atheistic and materialist policy of the Soviet regime, under the government of Krouchtchev (1953-1964) and Leonid Brenev (1964-1982). In the case of Pasolini, this criticism would be exerted against the Catholic Church and to its political alliance with the Christian-Democracy. In both cases, it would be a question of investing and of adapting the fundamental opposition between the Sacred and the Profane to redefine their border and their distribution in space and time

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