L’errance à l’œuvre dans la prose et la poésie d’El-Mahdi Acherchour : regards littéraires et anthropologiques

par Ammar Benkhodja

Thèse de doctorat en Langues, littératures et civilisations

Sous la direction de Jean-Marie Privat.

Soutenue le 23-11-2016

in l'Université de Lorraine , dans le cadre de Ecole doctorale Fernand Braudel (Nancy-Metz) , en partenariat avec Centre de Recherche sur les Médiations (Metz) (laboratoire) et de Centre de Recherche sur les Médiations / CREM (laboratoire) .

Le président du jury était Guy Dugas.

Thesis committee members: Marie-Rose Scarpa.

Les rapporteurs étaient Zineb Ali-Benali.


  • Résumé

    Mêlant réalisme et merveilleux, temps de la nature et celui de la vie sociale, les textes d’El-Mahdi Acherchour détruisent les frontières entre l’espace sauvage et domestique, rattachent, dans un continuum, le monde des vivants à celui des morts, les temps anciens au présent, les oralités aux pratiques scripturales. Ils s’inscrivent ainsi dans le sillage de l’esthétique postmoderne en ne présentant pas une seule intrigue, mais d’infinis récits enchâssés. Pour ces raisons premières, nous proposons d’interroger ces textes dans une perspective qui croise poétique des textes littéraires et anthropologie du symbolique. Dans la première partie consacrée à l’étude du dernier roman de cet auteur, Moineau (2010), nous avons tenté de souligner les problématiques qui s’y posent. Depuis le paratexte jusqu’aux chronotopes structurant ce roman, en passant par les configurations des personnages qui y évoluent, quelques réflexions sur la mise en écriture de logiques plus au moins hétérogènes (une hétérologie culturelle) se sont (im)posées d’elles-mêmes. Des questions liées au sauvage et au domestique, au familier et à l’étrange(r), à l’écriture et à l'oralité, etc. Autant de logiques que l’écriture acherchourienne tend à métisser. Dans la seconde partie, nous avons interrogé, dans la même perspective, les deux autres romans d’El-Mahdi Acherchour : Pays d’aucun mal (2007) et Lui, le livre suivi de l’Autre, l’autre livre (2005). Deux romans qui convoquent les mêmes lieux imaginaires et font appel à cette même figure du folklore berbère (Zalgoum), dans un élan esthétique qui « fait le procès de l’Unité ». La dernière partie a été consacrée à une lecture des cultures mises en œuvre dans la poésie d’El-Mahdi Acherchour, notamment dans L’Œil de l’égaré (1997) et Chemin des choses nocturnes (2003). Au carrefour de la (des) culture (s) du Même, de la culture et de la langue de l’Autre, l'écriture d'El-Mahdi Acherchour prend une position d'entre-lieu, d’entre-deux entre des cultures, érigeant toute l’œuvre poétique et romanesque en géographie de l'ambivalence et de la cohabitation. En faisant siennes la langue et la culture de l’Autre, elle-même composite et hétérogène, les vers et la prose d’El-Mehdi Acherchour proposent une vision du monde centrée sur sa réalité syncrétique

  • Titre traduit

    The wandering in the prose and poetry of El-Mahdi Acherchour : literary and anthropological perspective


  • Résumé

    Combining realism and the sublime, time in nature and in social life, the texts of El-Mahdi Acherchour destroy the boundaries between wild and domestic spaces and continuously link the world of the living to that of the dead, the ancient times to the present, and oral traditions to writing practices. His texts are inscribed in the wake of postmodern aesthetics, presenting not only one plot, but infinite inserted narratives. For these major reasons, we propose to analyze these texts from a perspective that takes into consideration literary texts poetics and symbolic anthropology. In the first part of this research, devoted to the study of Acherchour’s last novel, Moineau (2010), we have endeavored to shed light on the problematics that are posed in the text. Moving from the paratext, to the chronotopes that structure this novel, and through the representation of the different characters that evolve in the narrative, some reflections on the writing of heterogeneous consistencies ( cultural heterology) have imposed themselves. Some questions linked to the wild and to the domestic, to the familiar and the strange(r), to writing and oral tradition, are varied consistencies that “Acherchourian” writing tries to hybridize. In the second part of this work, we have questioned, from the same perspective, two other novels of El Mahdi Acherchour: Pays d’aucun mal (2007) and Lui, le livre followed by l’Autre, l’autre livre (2005). These two novels address the same fictional settings and appeal to the same berber folklore figure (Zalgoum) in an aesthetic surge, which makes “le procès de l’unité”. The last part of this research deals with reading the established cultures in the poetry of El Mahdi Acherchour, notably in L’Oeil de l’égaré (1997) and Chemin des choses nocturnes (2003). At the crossroads of the culture(s) of the Self, and of the culture and language of the Other, the writing of El-Mahdi Acherchour takes an ‘entre-lieu’ position, in -between cultures, establishing his poetic and fictional oeuvre as a setting for ambivalence and coexistence. By appropriating the language and the culture of the Other, which is varied and heterogeneous, the verse and prose of El-Mahdi Acherchour propose a world vision centered on its syncretic reality


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