L’usurpation à Rome et dans l’Empire, d’Auguste aux Sévères : prendre le pouvoir et le conserver

par Jerôme Sella

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Stéphane Benoist.

Le président du jury était Jean-Pierre Martin.

Le jury était composé de Stéphane Benoist, Jean-Pierre Martin, Martin Galinier, Frédéric Hurlet, Clifford Ando.

Les rapporteurs étaient Martin Galinier, Frédéric Hurlet.


  • Résumé

    L’usurpation politique sous l’Empire romain a fait l’objet d’approches historiographiques récentes et novatrices avec les travaux, notamment, d’Egon Flaig et de Joachim Szidat, au point d’occuper une place essentielle dans la définition du pouvoir impérial. Le travail ici mené se propose de faire une étude en deux temps de ce phénomène, qui exista avant d’être nommé tardivement (au IVè siècle). Une première partie se propose d’en étudier le vocabulaire riche et varié à travers l’examen de l’ensemble des sources disponibles considérées dans leur évolution chronologique afin de voir peu à peu émerger ce concept politique et d’en proposer une définition tenant compte de cette analyse philologique. La lecture des différents auteurs de la fin de la République et des premiers siècles de l’Empire, mais aussi des époques plus tardives, permettent de mettre en évidence la structuration de leur pensée politique du phénomène, tant dans le domaine des idées abstraites reprises de la philosophie grecque (Platon et Aristote), que dans le recours au mythe comme clé d’analyse (depuis Virgile jusqu’à Sénèque).A cette étude des mots et des idées succède une seconde partie qui se donne pour but d’appliquer la définition proposée dans la première partie à l’étude de la période du Haut-Empire. Les usurpations y sont recensées d’une façon exhaustive en prenant en compte non seulement celles qui eurent effectivement lieu (au demeurant peu nombreuses) mais aussi toutes celles qui firent l’objet d’un soupçon et d’une mise en accusation. Ainsi sont mis en valeur des types de profils de candidats, des scénarios de conquête du pouvoir et de légitimation de celui-ci, mais aussi des techniques de contrôle et de conservation du pouvoir de la part de ceux qui se présentent comme des détenteurs légitimes parce qu’ils prétendent incarner le consensus de tous les citoyens de l’Empire. L’usurpation se révèle alors comme étant un phénomène politique central dont la menace réapparaît chaque fois que ce consensus faiblit, et qui s’efface lorsque ce consensus est rétabli. Moteur de l’évolution politique, il est un moyen d’expérimenter des modèles de conquête et de conservation du pouvoir faisant office d'exempla, et dont la prise en compte permet de modifier quelque peu la périodisation par règne.

  • Titre traduit

    Usurpation of power in Rome and the Roman Empire from Augustus to the Severans : gaining power and retaining it.


  • Résumé

    Political usurpation in the days of the Roman Empire has been the topic of many recent and innovative historiographical approaches, among which those of Egon Flaig and Joachim Szidat, to the point of becoming a defining feature of imperial power. This political phenomenon, whose existence preceedes its late denomination as « usurpatio » (during the IVth century AD) is what this present work will attempt to study in a two-step approach.The first step consists in studying the rich and varied vocabulary of usurpation through the examination of all available sources, which will be reviewed in chronological order, so as to observe the gradual emergence of this political concept and to offer a definition which takes this philological analysis into account. Besides, perusing the writings of various authors from the end of the Republic to the Principate era, as well as those from later centuries, will help bring to light the structuring of their political thought on the phenomenon, be it in the field of abstract ideas inspired from Greek classical philosophy (Plato and Aristotle) or in the use of myths as a key element of analysis (from Virgil to Seneca).The aim of the second part of this work is to apply the definition put forward in the first one to the study of the Principate era. The comprehensive list of usurpations you will find there takes into account not only those which actually happened (all in all a limited number) but also all those which fell under suspicion and resulted in an indictment. Consequently, candidate profiles start to emerge, as well as patterns of power conquest and the legitimation of it, but also techniques to control and hold that power by those who identify themselves as legitimate rulers, because they claim to embody the public consensus in the Empire.Therefore, usurpation seems to be a central political phenomenon which threatens to reappear every time that consensus is weakened, and disappears whenever it is restored. It fuels political development, it is a way of experimenting with different models of power conquest and the retainment of it. Taking it into consideration allows for a slight modification of the traditional periodising by reign.


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