Occuper le terrain : une socio-histoire des appropriations du sport par le milieu communiste français

par Igor Martinache

Thèse de doctorat en Science politique

Sous la direction de Frédéric Sawicki et de Sébastien Fleuriel.

Soutenue le 30-09-2016

à Lille 2 , dans le cadre de École doctorale des Sciences Juridiques, Politiques et de Gestion (Lille) , en partenariat avec Centre d'études et de recherches administratives politiques et sociales (Lille) (laboratoire) et de Centre d'Etudes et de Recherches Administratives, Politiques et Sociales (laboratoire) .


  • Résumé

    En dépit de la place importante qu’elles occupent dans les sociétés contemporaines, les activités physiques et sportives continuent d’occuper une place secondaire sur l’agenda politique. Pourtant, dès le début du 20e siècle, des militants ouvriers ont commencé à développer une approche particulière du sport. Après avoir rappelé quelques éléments de l’histoire de ce « sport ouvrier », et en particulier les contradictions qui le traversent, nous nous intéressons surtout ici à la manière dont ses héritiers après la Seconde guerre mondiale ont tenté d’ériger le sport en enjeu politique de première importance en France. Ce « milieu communiste du sport », site d’interactions particulier qui dépasse les frontières des organisations s’articule cependant autour d’un certain nombre de carrefours. La commission sport nationale du PCF institutionnalisée en 1959 est de ceux-là. Appuyée sur l’analyse d’archives, d’entretiens et d’une participation observante de plusieurs années au sein de ce collectif, cette enquête propose ainsi d’étudier le statut, le fonctionnement et le recrutement d’un tel groupe de travail thématique. Il s’agit en d’autres termes de chercher à comprendre ce que militer pour la cause du sport veut dire, comment certains en viennent à s’engager pour cet objet relativement illégitime dans le champ politique pour saisir enfin quel type de doctrine ils produisent. Une deuxième partie est consacrée aux appropriations elles-mêmes de cette doctrine ailleurs dans le parti, en s’intéressant aux politiques sportives de deux municipalités de la « banlieue rouge » puis à celle menée au gouvernement lorsque le portefeuille des Sports échoit pour la première fois à une communiste, consécration en trompe-l’oeil du travail de la commission.

  • Titre traduit

    Occupy the Field : a socio-historical inquiry of how French Communists have taken sport into account.


  • Résumé

    In spite of the major attention they benefit from in contemporary societies, sport and physical activities remain a secondary matter in the political agenda. Yet, since the beginning of the 20th Century, working class activists began developing a peculiar approach of sport. After recapping a few elements on this “working class sport” and specifically its contradictions, we will focus on how its heirs have tried to make sport a first-matter subject in France after World War II. This “communist sport world” goes beyond organizations’ borders but is nevertheless made of several crossroads. Created in 1959, the French Communist Party sport commission is one of them. This inquiry is based upon various archival sources, direct interviews and above all an ethnographic immersion during several years. It aims at studying the status of such a work group in a political party or a Trade union, how it works and who are its members. In other words, it is trying to understand what it means to advocate for sport while being a communist activist and what kind of doctrine they produce given who they are and where they stand from in social space. The second part focuses on how other members of the Party appropriate themselves this doctrine by analyzing the sports policies developed in two historically communist cities and then finally the consequences of having a communist minister of Sports for the first time in the very end of the 20th Century.


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