Un capitalisme d'ingénieurs : construire un groupe aéronautique après une fusion

par Hadrien Coutant

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Pierre Éric Tixier.

Le président du jury était Pierre François.

Le jury était composé de Pierre Éric Tixier, Isabelle Ferreras, Philippe Monin, Alexandra Bidet, Tommaso Pardi.

Les rapporteurs étaient Isabelle Ferreras, Philippe Monin.


  • Résumé

    Cette thèse interroge la dynamique d’intégration d’un groupe industriel après une fusion. Elle se fonde sur la trajectoire de l’entreprise aéronautique Safran, entre 2005 et 2015. A partir d’une ethnographie dans une division de Recherche et Développement en électronique embarquée, de cent soixante entretiens et de littérature grise, elle étudie les stratégies et dispositifs d’intégration et leur mise en œuvre à deux niveaux de l’entreprise : la direction générale et des équipes d’ingénierie. L’objet de cette thèse est de comprendre comment, dans une entreprise créée par une fusion, est produite cette intégration face à différentes forces centrifuges et conflictuelles, à ces deux niveaux. Ce cas montre comment est construit un nouvel ordre politique dans une entreprise autour de structurations organisationnelles fondées sur des imbrications sociotechnique et d’une idéologie professionnelle d’ingénieurs. Ce « capitalisme d’ingénieurs », notion qui permet d’expliquer le mode d’intégration spécifique de Safran, s’inscrit dans la trajectoire de la pensée technocratique des grands corps d’ingénieurs français mais est rendue économiquement viable dans l’entreprise par la forme du marché aéronautique et le type de concurrence qui s’y joue. C’est le moyen pour la direction de faire converger une stratégie de marché, un enrôlement des actionnaires – dont l’Etat – et une intégration interne à la firme. Cette stratégie d’intégration est confrontée aux dynamiques contradictoires de rationalisation du travail de R&D. La thèse articule dans le cas d’une firme, une analyse de sociologie de l’entreprise et des organisations avec une sociologie économique et une sociologie du travail.

  • Titre traduit

    Engineers’ capitalism : building a group after a merger in the aircraft industry


  • Résumé

    This thesis explores the post-merger integration dynamics of an industrial group, following the path of a French aeronautics firm, Safran, between 2005 and 2015. Based on an ethnography of the Research and Development division producing aeronautic on-board electronics, 160 interviews and review of grey literature, the thesis analyzes the integration strategies and devices at two distinct levels – top management and engineering teams. This thesis aims to understanding how integration is produced at both levels after a merger, against conflicting and centrifugal forces. The Safran case shows how a new political order is built in a firm around organizational structures based on sociotechnical interdependences and engineers’ professional ideology. This “engineering capitalism” – a notion that explains and characterizes the specific mode of integration at Safran – is linked with the technocratic thought of the French engineering grands corps. It is made economically viable by the shape of the aeronautics market and the kind of competition that takes place within it. It is a means for the top management of the firm to collectively articulate a market strategy and shareholders’ enrollment – including the State as a shareholder – with the internal integration of the enterprise. This work is based on a combination of sociology of organizations and firms, economic sociology and sociology of work.


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