Les « frères larges » en France métropolitaine : socio-histoire d’un mouvement évangélique de 1850 à 2010

par Sylvain Aharonian

Thèse de doctorat en Sciences religieuses

Sous la direction de Jean-Paul Willaime.

Soutenue le 08-02-2016

à Paris, EPHE , dans le cadre de École doctorale de l'École pratique des hautes études (Paris) , en partenariat avec Groupe Sociétés, Religions, Laïcités (Paris) (équipe de recherche) .

Le président du jury était Patrick Cabanel.

Le jury était composé de Jean-Paul Willaime, Patrick Cabanel, Philippe Boutry, Philippe Chareyre.

Les rapporteurs étaient Philippe Boutry, Philippe Chareyre.


  • Résumé

    À l’intérieur du protestantisme évangélique français, les frères larges, qui se distinguent des frères étroits dénommés darbystes, représentent une dizaine de milliers d’adeptes, membres inscrits ou simples sympathisants. Ils se rattachent en principe aux Communautés et Assemblées Évangéliques de France (CAEF). Leur implantation a débuté dans la seconde moitié du XIXe siècle, et s’est faite principalement par l’action conjuguée d’évangélistes suisses et britanniques. Depuis leur irruption dans l’Hexagone, les frères larges, forts de leur expérience individuelle de la conversion, se prodiguent pour faire des prosélytes, qui adoptent un ethos à la fois exaltant et exigeant. Or, jusque dans l’entre-deux-guerres, alors que la culture globale de la société est encore largement chrétienne, les convertis apparaissent d’extraction plutôt modeste ; le recrutement se diversifie par la suite. Collégialité du ministère de la parole et anticléricalisme péremptoire obligent, toute l’animation des communautés ecclésiales des frères larges révèle une insigne disposition égalitaire et un mépris du formalisme pincé. Ainsi perdure, non sans concessions désormais, une réticence notoire à l’égard du pastorat classique.À l’échelle nationale, si l’évolution globale des CAEF pointe bien vers une honnête structuration dénominationnelle, elle n’efface pas encore la mémoire de leur originelle inappétence à jouer le jeu prétendu mondain de la confessionalisation du christianisme. Du reste, s’ils ont bien entrepris quelques œuvres sociales, les frères larges ne s’attèlent guère au siècle présent, fût-il celui des institutions religieuses et de leurs réalisations œcuméniques.

  • Titre traduit

    The “Open Brethren” in Metropolitan France : a socio-history of an evangelical movement from 1850 to 2010


  • Résumé

    Within French Evangelical Protestantism today, the “Open Brethren”, who are to be distinguished from the “Closed Brethren” (also called darbystes), number around ten thousand adherents, whether registered members or sympathizers. Their churches generally belong to the Communautés et Assemblées Evangéliques de France (CAEF). The movement had its beginning during the second half of the nineteenth century, mostly through the combined efforts of Swiss and British evangelists. Since their appearance in metropolitan France, the Open Brethren, on the strength of their individual experiences of conversion, have devoted themselves to winning converts, who then adopt an ethos that is both elating and demanding. Up until the period between the two world wars, while the general culture of French society was still largely Christian, converts joining this movement were of modest descent; recruitment has since become more diversified. Because of a shared ministry of the Word and a peremptory anticlericalism, leadership in Brethren circles reveals a distinctive egalitarian disposition and a disdain for stiff formalism. Thus their well-known suspicion of classic pastoral ministry persists, though not without some concessions. On the national level, if the CAEF assemblies on the whole seem definitely to be moving toward true denominational structuring, they still remember their original resistance to entering the so-called worldly game of Christian confessionalism. And although they have created a number of social and charitable organizations, they shun the “present age”, including religious institutions and their ecumenical achievements.



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