Teniamos el sueno de cambiar el mundo : expérience militante de femmes autochtones de La Guajira – Colombie

par Anna Schmit

Thèse de doctorat en Anthropologie sociale et ethnologie

Sous la direction de Irène Bellier.

Soutenue en 2016

à Paris, EHESS .


  • Résumé

    Cette étude qui a émergé de la volonté de comprendre ce qui se passait dans la vie d’individus menacés par une situation d’exil, d’asile ou de déplacements forcés, vise à décrire une action populaire et démocratique , menée par des femmes autochtones de La Guajira en Colombie, dans une période de conflit armé de « basse intensité ». Son objet est de saisir les mécanismes de subjectivation par lesquels des expériences militantes se constituent et se transforment. Il s’agira de retracer le cheminement d’un mouvement de victimes, la Fuerza de Mujeres Wayuu, qui, débutant par la mise en relief d’une appartenance autochtone wayuu pour insérer ses revendications dans le cadre multiculturel colombien, finit par questionner les rapports sociaux de sexe prévalant dans les sociétés autochtones dans le but de les transforme, avec le soutien de l’Etat colombien. Cette observation conduira à examiner la manière dont des actrices subalternisées se sont saisies d’un mécanisme international de protection des droits des femmes (la Convention pour l’élimination des discriminations à l’égard des femmes –CEDEF- et son comité –CoEDEF). Elles ont fait valoir que la défense du territoire, portée par les luttes autochtones, devait commencer par la défense du corps des femmes autochtones , exposées à de nombreuses violences, aussi bien perpétrées au sein des communautés indiennes que par des acteurs extérieurs (et souvent armés). L’analogie corps/territoire, d’une part leur a permis, de poser leur sexualité dans le débat public – l’analyse de leur recours montrera que la constitution de ces femmes en Sujet politique est enchevêtrée à leur conception de soi en Sujet sexuel-, d’autre part les a conduits à articuler « droit des femmes » et « multiculturalisme ».

  • Titre traduit

    Teniamos el sueno de cambiar el mundo : La Guajira's native women's experience of activism


  • Résumé

    This study resulted from the desire to comprehend what is taking place in the lives of those individuals under threat of exile , asylum or forced displacement. It aims to describe a popular and democratic movement led by certain native women of guajira region in Colombia , in a period of “low intensity” armed conflict. Its goal is to understand the process of subjectivation through which militant experiences are formed and transformed. To do so, the journey of an association of victims, the Fuerza de Mujeres Wayuu has been retraced. Firstly, the wayuu women affirmed their native appurtenance in order to place their demands in the frame of the multicultural definition of Colombia. Then, they turned to questioning the social relations of gender prevalent in native societies in the aim of transforming them, with the backing of the Colombian state. This work of observation leads to the study of the manner in which these subordinated actors have had recourse to an international mechanism for the protection of women’s rights (The Committee on the Elimination of Discrimination against Women – CEDAW). The wayuu women have called attention to the idea that the defense of territory, carried by the natives’ struggles, should start with the defense of the bodies of native women, exposed to numerous violations, perpetrated not only by members of their indian communities, but also by external actors who are frequently armed. The analogy between body/territory, on the one hand enabled the women to bring the issue of their sexuality into the public debate; the analysis of their recourse shows that the edification of these women as political subjects is entangled in their edification as sexual subjects. Finally, on the other hand, this analogy has led these women to articulate the notion the “rights of women” and that of “multiculturalism”, which have been perceived to be in opposition.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (684 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p.605-636

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  • Bibliothèque : Médiathèque du musée du quai Branly - Jacques Chirac.
  • PEB soumis à condition
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