"La chance d'être là" : le travail dans la mode entre glamour et précarité

par Giulia Mensitieri

Thèse de doctorat en Anthropologie sociale et ethnologie

Sous la direction de Michel Agier et de Jonathan Friedman.

Soutenue en 2016

à Paris, EHESS .


  • Résumé

    Cette thèse explore les formes de précarité dans le capitalisme contemporain à partir de la mode. Par une ethnographie menée auprès des travailleurs de «l’immatériel », à Paris et à Bruxelles (stylistes, mannequins, photographes, créateurs, journalistes, maquilleurs…), j’y explore le système de la mode, en analysant les circulations globales des imaginaires, des produits et des travailleurs, aussi bien que les productions de subjectivités et les modes d’assujettissement qui sont propres à cette industrie. Les restructurations du capitalisme du demi-siècle dernier ont fait de la mode « le rêve », à savoir la projection idéale des imaginaires capitalistes, mais aussi un horizon désirable pour les subjectivités que le capitalisme même produit. La thèse montre que, dans la mode, les productions d'imaginaires et les productions matérielles sont étroitement imbriquées. En outre, l’économie de la mode repose sur une règle du jeu selon laquelle les métiers et les prestations professionnelles les plus valorisés sont les moins payés. Le prestige et le pouvoir symbolique conférés par le fait d’« être là », dans la mode, y sont indissociables d’un certain degré de domination et de précarité. En allant au-delà de l’imaginaire d’exceptionnalité médiatisé de la mode, il ressort de l’enquête que les travailleurs eux-mêmes combinent esprit entrepreneurial, incorporation des dominations et précarité. Dans la mode, la subjectivité est utilisée aussi bien pour la composante créative du travail, que pour la gestion des émotions, du corps, et des relations, comme dans de nombreux autres secteurs des productions néolibérales.

  • Titre traduit

    Lucky to be here : work in fashion between glamour and precarity


  • Résumé

    This thesis explores forms of precarity in contemporary capitalism trhough an examination of the fashion world. Through an ethnographic study mong "immaterial" workers in Paris and Brussels (stylists, models, photographers, designers, jopurnalists, makeup artists, and so on), I explore the fashion system by analyzing global circulation of imaginaries, products and workers, as well as productions of subjectivities and the modes of subjugation that are proper to this industry. The restructuring of capitalism of the last half century has made fashion "the dream", namely the ideal projection of capitalist imaginaries, but also a desirable perspective for the subjectivities that capitalism itself produces. The thesis demonstratets that in fashion, imaginary and material production are closely intertwined. In addition, the economies of fashion are based on the rule that the most valued professional services are the least remunerated. The prestige and the symbolic power conferred by the fact of "being there", in fashion, are inseparable from a certain degree of domination and precarity. Going beyond the imaginaries of exceptionality showcased by fashion, it appears from the investigation that the workers themselves combine entrepreneurial spitrit, acceptance and normalisation of domination, and precarity. As in many other sectors of neoliberal production, subjectivity is used in fashion both for the creative component of the work, as well as for managing one's body, emotions, and relationships.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (463 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p.407-435

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  • Bibliothèque : Médiathèque du musée du quai Branly - Jacques Chirac.
  • PEB soumis à condition
  • Bibliothèque : École des hautes études en sciences sociales. Thèses.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TPE 2016-NC
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