Art sous contrainte : artistes, peinture et politique en République populaire de Chine (1949-1966)

par Min Yu

Thèse de doctorat en Arts : histoire et théorie

Sous la direction de Jean-Marie Schaeffer.

Le président du jury était Sebastian Veg.

Le jury était composé de Jean-Marie Schaeffer, Sebastian Veg, Philippe Dagen, Éric Lefebvre, Alain Roux, Ning Zhang.


  • Résumé

    De la fondation de la République populaire de Chine (1949) à la veille de la Révolution culturelle (1966), les artistes furent soumis à un dogme : l'art doit être au service du peuple. Cet impératif, qui fut sans cesse répété, entraîna deux assujettissements. Celui des artistes dont le statut changea radicalement : devenus travailleurs artistiques, ils furent contraints de se plier aux flux et reflux des mouvements de masse et des campagnes politiques. Celui de la création dont la mission fut de cautionner et de célébrer le nouveau régime, et d'éduquer le peuple. Cette recherche tente de déterminer comment la politique artistique du Parti Communiste Chinois, en contraignant les artistes à être « rouges » avant d'être « experts », a bouleversé et mis en concurrence trois sortes de peintures : la peinture à l'huile, la peinture chinoise (guohua), la peinture du nouvel an (nianhua). Au centre de ces bouleversements, se pose la question du choix du réalisme, et plus particulièrement du réalisme socialiste soviétique, comme unique réponse aux attentes politiques : ce choix a-t-il privilégié la lisibilité de la peinture au détriment de ses qualités visuelles ? A-t-il engendré des modèles et des codes plastiques spécifiques pour illustrer la nouvelle politique ainsi que la transformation du paysage, la représentation du peuple ou la célébration du culte de Mao Zedong ? Ou encore cette instrumentalisation de la peinture a-t-elle rencontré des résistances ou des modes de contournement qui ont permis de préserver une part d'autonomie des peintres ?


  • Résumé

    From the foundation of the People's Republic of China (1949) to the eve of the Cultural Revolution (1966), artists were subjected to a dogma : art must serve the people. This imperative, which was constantly repeated, cause two subjections. For the artists, their status changed radically. To become artistic workers, they were obliged to submit to the ebb and flow of mass movements and political campaigns. For the artistic creation, the mission was to support and celebrate the new regime, and to educate the people. This research attempts to examine how the artistic policy of the Chinese Communist Party, by forcing the artists to be "red" before being "experts", disrupts and put the three kinds of paintings in competition : oil painting, Chinese painting (guohua) and New Year painting (nianhua). At the center of these disruptions, the question of the choice of realism is posed, especially the Soviet socialist realism, which was a unique response to the political expectations. Has this choice prioritized the legibility of painting to the detriment of its pictorial qualities ? Has it engendered specific visual models and codes to illustrate the new policy and the transformation of landscape, the representation of the people, or the celebration of the cult of Mao Zedong ? Or has this instrumentalization of painting met with the resistance or a way of escape, which has preserved some of the autonomy of painters ?

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Informations

  • Détails : 2 vol. (578 p., 271 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p.555-567. Notes bibliogr. Index

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  • Bibliothèque : École des hautes études en sciences sociales. Thèses.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TPE 2016-145
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