Les travailleuses civiles de France : des femmes dans la production de guerre de l'Allemagne national-socialiste (1940-1945)

par Camille Fauroux

Thèse de doctorat en Histoire et civilisations

Sous la direction de Laura Lee Downs.


  • Résumé

    Entre 1940 et 1945 près de 80 00 femmes partent de France pour travailler sur le territoire de l'Allemagne national-socialiste. L'emploi massif de travailleurs étrangers en Allemagne s'inscrit dans une stratégie plus large pour augmenter la production de guerre sans déstabiliser l'ordre familial national-socialiste. Du point de vue de Vichy, le recrutement de femmes en France pour l'Allemagne est problématique, car il révèle les contradictions entre la collaboration économique et la restauration de la famille au coeur du projet de la Révolution nationale. Cette thèse s'intéresse aux discours et aux politiques transnationales du travail dans la production de guerre de l'Allemagne national-socialiste et les met en relation avec l'expérience des travailleuses civiles, telle qu'elle se donne à voir dans les archives des ouvrières françaises employées dans l'électroindustrie à Berlin. Elles vivent dans des camps de femmes administrés par les entreprises qui les emploient. Ces camps jouent un rôle fondamental dans la surveillance et la contrainte au travail et empêchent les familles de vivre ensemble. Il en résulte des relations de couple précaires et informelles. Les relations des mères avec leurs enfants sont organisées et surveillées au camp, mais elles deviennent de plus en plus difficiles à maintenir au fur et à mesure de la guerre. Au moment du rapatriement et dans l'immédiat après-guerre, en 1945-1946, les travailleuses civiles font l'objet de représentations négatives mêlant déloyauté politique et sexuelle et sont construites par l'Etat comme une catégorie administrative univoque "les travailleuses volontaires". Ces étapes dessinent pour des décennies les contours de leur silence et de leur prise de parole.

  • Titre traduit

    Framing Gender across Boundaries : french Women at Work in Germany's War Industry


  • Résumé

    This study considers how transnational work policies and nation-building projects shaped the intimate, daily lives of the 80,000 women who departed from France to work in Nazi Germany between 1940 and 1944. The large-scale employement of foreign labor in Germany was part of a broader strategy to increase military production without disturbing the Nazi family order. The German recruitement of French women created tensions for the French state which sought both to foster economic collaboration and restore the French family. This dissertation examines these transnational wartime labor policies and discourses and links them to personal experience, drawing on a case study of French women employed in Berlin's electronic industry. These women lived in foreign workers' camps organized by their employers. These camps were key in enabling surveillance and work coercion, while preventing families from living together. In this context, the women created precarious and informal romantic relations, many giving birth to children. Mother-child ties were monitored and facilitated in the camps, but became increasingly difficult to maintain as work pressure rose. Bridging transnational and personal scales, this thesis examines the nexus of war, work, and family while addressing themes of agency, gender, and memory.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (413 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p.364-380. Notes bibliogr.

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  • Bibliothèque : École des hautes études en sciences sociales. Thèses.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TPE 2016-117
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