« Faire avec » les contraintes : l'expérience du politique des conseillers de quartier de Téhéran

par Aurore Saeidnia

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Michèle Leclerc-Olive.

Le président du jury était Alban Bensa.

Le jury était composé de Michèle Leclerc-Olive, Alban Bensa, Jean-Louis Briquet, Jay Rowell, Assia Boutaleb, H. E. Chehabi, Élise Massicard.

Les rapporteurs étaient Jean-Louis Briquet, Jay Rowell.


  • Résumé

    Sans présumer en amont d'un « autoritarisme iranien », cette thèse étudie l'expérience du politique des conseillers de quartier de Téhéran à la lumière des processus de normalisation qui organisent en pratique leur participation à la vie publique locale. A partir d'une double enquête ethnographique et conceptuelle, l'analyse montre que les processus de dépolitisation observables n'indiquent pas la fin ou l'absence du politique. Au contraire, leur position hors de l'espace politique institué permet aux conseillers de s'assembler et d'affirmer publiquement leur capacité à parler et à agir. Plus précisément, les conseillers investissent la figure publique et dépolitisée du motamed, au carrefour des multiples registres de légitimation - religieux, révolutionnaires et civiques - de la République islamique, pour revendiquer un droit à parler, à critiquer et à être entendu. A la fois élus, bénévoles et bureaucrates, les conseillers se sont progressivement à définis comme des intermédiaires incontournables dans l'accès et la redistribution des ressources à l'échelle du quartier. En mettant en œuvre des politiques publiques municipales et nationales, ils jouent le rôle d'agents de contrôle social et de disciplinarisation des habitants mais aussi de représentants élus contestant la partition de l'espace social que ces politiques véhiculent. Cette analyse « par le bas » des pratiques de remise en question mais aussi de diffusion des logiques autoritaires éclaire plus largement les transformations et les conflits politiques et sociaux de la société iranienne contemporaine.


  • Résumé

    This thesis studies how neighbourhood councillors in Tehran experience politics, in light of historically and socially built normative processes which organize and define their participation in local public life. Leaning on both an ethnographical and theoretical survey, the analysis shows that the processes of DE politicization do not indicate the end or the absence of politics. On the contrary, the position outside the political space allows the councillors to assert publicly their capacity to speak and to act. More precisely, they invest a public and depoliticized figure (the motamed) who is defined at the crossroads of the multiple registers of legitimization of the Islamic Republic - religious, revolutionary and civic - to claim the rights to speak, to criticize and to be heard. Simultaneously elected representatives, volunteers and bureaucrats, councillors are gradually defined as major intermediaries in the access and the redistribution of the resources at the neighbourhood level. By implementing municipal and national public policies, they act as social control agents of neighbourhood inhabitants, and local representatives who contest the partition of the social space these politics convey. This exploration "from below" of practices that question or reproduce authoritarian logics provides an overall analysis of political and social transformations of Iranian modern society.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (364 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p.321-341. Notes bibliogr. Glossaire

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  • Bibliothèque : Fondation Maison des sciences de l'homme. Bibliothèque.
  • PEB soumis à condition
  • Bibliothèque : École des hautes études en sciences sociales. Thèses.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TPE 2016-113
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