Le sourire et le tablier : la construction médiatique du féminin dans Marie-Claire de 1937 à nos jours

par Alexie Geers

Thèse de doctorat en Arts : histoire et théorie

Sous la direction de André Gunthert et de Rose-Marie Lagrave.

Le président du jury était Claire Blandin.

Le jury était composé de André Gunthert, Rose-Marie Lagrave, Claire Blandin, Christine Bard, Jamil Dakhlia.


  • Résumé

    Cette thèse porte sur la construction médiatique du féminin dans le magazine Marie-Claire depuis sa création en 1937. Trois dates ont été retenues pour construire une chronologie des récits de genre dans le titre : 1937 marque le développement d'un récit lié à la beauté incarné visuellement par des femmes souriantes, 1954 celui d'un récit lié au foyer synthétisé par la formule visuelle d'une femme portant un tablier, 1968 celui d'un récit d'émancipation. Les deux premiers récits sont articulés au développement d'une production industrielle innovante et destinée aux femmes, cosmétiques et électroménager notamment, mais également aux évolutions des rapports sociaux de sexe ou au progrès scientifique et technique qui touche la vie quotidienne. L'entrée par le visuel de cette étude permet de mettre en avant plusieurs caractéristiques liées à l'élaboration des récits médiatiques : co-construits entre contenus éditoriaux et publicitaires, images et discours et entre producteurs des récits et lectrices. La circulation des formules visuelles propres à chacun des récits sur différents médias est le signe de la normalisation des modèles de féminité proposés mais également d'une réception favorable des récits, permettant de dépasser la qualification d'aliénation souvent employée lorsqu'on parle du contenu de la presse féminine.


  • Résumé

    This dissertation focuses on the construction and framing of femininity in Marie-Claire magazine since its first publication in 1937. The title reflects the choice to break down this history of gender narratives with three chronological landmarks. The use and development of femininity as a concept begins in 1937 with narratives focusing on the notion of beauty, and visually embodied in pictures of smiling women. In 1954, these narratives shift their focus to the household, and femininity starts being typically represented by a woman wearing an apron. Finally, in 1968, narratives of women emancipation appear. The former two framings correspon to the emergence of an innovative industrial production specifically tailored to women, including cosmetics and household appliances. They also proceed from changes in relationships between genders in society at large, and from the effect of scientific and technical progress on daily life. The use and reliance on the analysis of pictures and other visual representations throughout this study serves to highlight several characteristics of the development of media narratives: they are co-constructed between editorial and advertising contents, between images and speech, anc between industrials and readers stories. In this dissertation, I argue that the generalized use of this visual imagery specific to each of the three aforementioned narratives is both a sign of thai these models are being constructed into norms by the magazine and a sign that these proposed norms are in turn favorably received by their readership. This argument, in turn, calls into question the commonly held notion that the content of women's press is alienating to its readership.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (328 f.)
  • Annexes : Bibliogr. p.280-314. Notes bibliogr.

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  • Bibliothèque : École des hautes études en sciences sociales. Thèses.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TPE 2016-64
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