Lecteur de soi-même : le sujet contemporain à l’épreuve des lectures numériques

par Ariane Mayer

Thèse de doctorat en Connaissance, Organisation et Systèmes Techniques

Sous la direction de François-David Sebbah.

Soutenue le 26-10-2016

à Compiègne , dans le cadre de École doctorale 71, Sciences pour l'ingénieur (Compiègne) .


  • Résumé

    Ce travail s’inscrit dans une réflexion philosophique sur les transformations de la lecture littéraire dans l’environnement numérique. Nous questionnons les enjeux des nouvelles formes et techniques de textualité du point de vue de la subjectivité, telle qu’elle se construit et s’interprète à la lumière de la lecture. Cette réflexion s’appuie sur deux hypothèses. La première, énoncée par Proust dans « Le Temps retrouvé », pose que « chaque lecteur est, quand il lit, le propre lecteur de soi-même », faisant ainsi de la lecture une matrice de subjectivation privilégiée, un lieu où le soi tout à la fois advient et se discerne. La seconde a été formulée par la neurologue Maryanne Wolf : « nous sommes la manière dont nous lisons ». Outre l’histoire qui est nous contée, les pratiques et techniques empiriques de l’acte de lecture participent eux aussi à notre constitution ontologique. Aujourd’hui, ces composantes empiriques sont bouleversées par le numérique qui offre de nouveaux supports, formes textuelles et espaces de lecture. Notre ré-flexion se situe à la rencontre entre une série de transformations technologiques et les métamorphoses herméneutiques qui en résultent. Si le livre a longtemps été une médiation pour se lire soi-même et un modèle de compréhension du monde, que devient notre relation à autrui et à soi quand il cède place à des objets inédits ? Nous abordons la lecture littéraire numérique comme un prisme à travers lequel interroger le devenir de la subjectivité contemporaine. Cette recherche invite à méditer sur le renouvellement de l’imaginaire esthétique, de l’imaginaire social et de l’imaginaire existentiel qu’éveille la rencontre du texte à l’heure électronique.

  • Titre traduit

    Reader of oneself : the contemporary subject in the light of digital readings


  • Résumé

    This work offers a philosophical research about the transformations of literary reading under the digital environment. We question the issues of the new forms and techniques of textuality regarding subjectivity, such as it builds and interprets itself in light of reading. This research is based on two hypotheses. The first one, stated by Proust in “Le Temps Retrouvé”, is that “every reader, as he reads, is the very reader of himself”, equating reading to a privileged subjectivity matrix, a place where the self comes out and discerns itself. The second one was expressed by the neurologist Maryanne Wolf: “we are how we read”. Beside the story we are told, the empirical practices and techniques of the reading act also participate in our ontological constitution. Today, those empirical elements are disrupted by the digital that gives birth to new mediums, textual forms and reading spaces. Our work is at the encounter of a series of technological transformations and the hermeneutic metamorphoses they arouse. If the book has long been a mediation to read oneself and a model for understanding the world, then what becomes of our relationship to the others and to ourselves when the book gives way to novel objects? We approach digital literary reading as a prism through which questioning the becoming of contemporary subjectivity. This research invites us to meditate on the renewal of aesthetic imagination, social imagination and existential imagination aroused by the experience of the electronic text.


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