Les particularités du français employé spontanément par des locuteurs algériens de la région de Mostaganem

par Azzedine Malek

Thèse de doctorat en Sciences du langage - Cergy

Sous la direction de Pierre Patrick Haillet et de Farid Benramdane.

Le président du jury était Jean Pruvost.

Le jury était composé de Pierre Patrick Haillet.

Les rapporteurs étaient Kheira Merine, Foued Laroussi.


  • Résumé

    Une observation attentive des pratiques langagières des Mostaganémois permet de constater que le français – tant à l’oral qu’à l’ecrit – qu’ils emploient spontanément constitue une variété à part entière. Si les travaux d’inspiration ethnographique ou sociolinguistique sur le phénomène de contact de langues en Algérie sont très nombreux, on ne dispose pas, à l’heure actuelle, de description précise et détaillée permettant d’élaborer un dictionnaire des faits qui résultent de ce contact de langues dans la région de Mostaganem.Ayant pu consttituer un corpus d’étude, composé pour l’essentiel d’enregistrements d’échanges spontanés ainsi que de photographies numériques commerciales, je me propose d’en entreprendre une analyse linguistique dont voici les grandes lignes.Les particularités du « français mostaganémois » sont, tout d’abord, d’ordre phonétique. L’examen du corpus visera à dégager les constantes dans la modification de la prononciation, en raisonnant en termes de variantes libres (opposées aux variantes combinatoires). On s’intéressera également aux particularités graphiques observées dans le corpus, pour tenter de mettre au jour, là encore, les régularités dans la relation entre graphies et sons.Les faits discursifs réunis dans le corpus seront étudiés sous un autre angle : il s’agira de faire apparaître les particularités du « français mostaganémois » sur le plan du lexique et de la morphosyntaxe. Ce volet comportera notamment le phénomène d’emprunt, de calque et de mélange codique, avec une attention particulière accordée aux modalités d’intégration des entités dans le système de la langue d’accueil.Il a été constaté de tout temps que les communautés d’origine étrangère vivant ou ayant cotoyé, par le passé, un pays d’accueil comme l’Algérie, sont susceptibles d’apporter des contributions linguistiques avec une influence certaine sur la pratique langagière des natifs. Il est vraisemblable que le poids numérique d’une communauté joue un rôle prépondérant dans l’influence linguistique. Il est également vraisemblable qu’un phénomène de « néologie lexicale et d’emprunt » soit lié à la forte présence française. Beaucoup de mots d’origine française sont constamment annexés dans la nomenclature algérienne à travers, notamment les pratiques linguistiques quotidiennes (usage) et les documents officiels, tels que les dictionnaires bilingues, les manuels scolaires, la littérature maghrébine d’expression française (statut). Aussi peut-on s’interroger à propos des facteurs déterminants cette annexion, est-ce : l’attitude des ainés, davantage scolarisé en langue française, qui fait qu’on reste attaché à cette langue et qu’on perpétue la pratiquer au quotidein ? Les revendications d’ordre social qui génèrent une récurrence dans l’expression de la langue pratiquée par les locuteurs ? Le rôle des mas médias destinés à cette communauté ? La fréquence des problèmes rencontrés par les jeunes de ladite communauté étant entendue que la dynamisation linguistique est boostée par la tranche jeune de la population ? L’impact du langage en circulation dans les mariages mixtes ? Le côtoiement communautaire dans les établissements d’enseignement public ? Le brassage de population dû à un constant ballet de visites françaises ?Notre problématique traitera du lexique d’origine française, intégré dans le dialecte arabe de la ville de Mostaganem avec la mise en relief du hiatus qui existe entre la pratique langagière quotidienne (usage courant) et l’intégration officieuse dans la nomenclature de l’arabe parlé (usage règlementé par les faits sociaux). Cette problématique définira également la répartition du lexique d’origine française dans les différents domaines d’usage de la vie des locuteurs mostaganémois.

  • Titre traduit

    The peculiarities of the French used spontaneously by Algerian speakers of the region of Mostaganem


  • Résumé

    Careful observation of the language practices of Mostaganémois shows that the French - both oral as in writing - they spontaneously use is a variety in itself. If the sociolinguistic or ethnographic work on the inspiration in Algeria language contact phenomenon are numerous, there is not, at present, a precise and detailed description for developing a dictionary of facts that result from this language contact in the Mostaganem region.Having been consttituer a corpus of study, consisting essentially of spontaneous exchanges recordings and commercial digital photographs, I intend to undertake a linguistic analysis of which here are the highlights.The peculiarities of the "French mostaganémois" are, first, phonetic order. The corpus of the review will aim to identify the constants in changing the pronunciation, reasoning in terms of free variants (as opposed to combinatorial variants). It will also focus on graphics features observed in the corpus, to try to bring to light again, patterns in the relationship between sounds and spellings.Discursive facts gathered in the corpus will be considered from another angle: it will show the characteristics of the "French mostaganémois" in terms of vocabulary and morphosyntax. This component will include especially the borrowing phenomenon layer and code-mixing, with special attention given to entities of integration arrangements in the system of the host language.It was found always that the foreign communities living or having rubbed the past, a host country like Algeria, are likely to bring linguistic contributions with some influence on the language practice native. It is likely that the numerical strength of a community plays a major role in the linguistic influence. It is also likely that a phenomenon of "lexical neologisms and borrowing" is linked to the strong French presence. Many words of French origin are constantly accompanying the Algerian nomenclature, particularly through everyday linguistic practices (use) and official documents, such as bilingual dictionaries, textbooks, North African literature in French (status) . So we can wonder about the determinants annexation, is the attitude of the elders, more schooled in French, which we remain committed to this language and that perpetuates the practice quotidein ? The claims of social order which generate a recurrence in the expression of the language used by the speakers? The role of media mas for this community? The frequency of the problems faced by young people of that community being understood that language revitalization is boosted by the younger segment of the population? The impact of outstanding language in mixed marriages? Community côtoiement in public schools? The population mixing due to a constant ballet of French visits?Our problem will address the lexicon of French origin, integrated in the Arabic dialect of the city of Mostaganem with highlighting the discrepancy between the daily language practice (current use) and informal integration in the nomenclature of the Arab spoken (regulated use by social facts). This issue will also define the distribution of the lexicon of French origin in the different areas of use of the life of mostaganémois speakers.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université de Cergy-Pontoise. Bibliothèque numérique.
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.