Mouvements oculaires et morphologie orbitaire comparée chez les hominoïdes : effets sur le champ visuel

par Eric Denion

Thèse de doctorat en Physiologie, biologie des organismes, populations, interactions

Sous la direction de Pierre Denise et de Frédéric Mouriaux.


  • Résumé

    Ce travail avait pour buts de quantifier chez l'humain (15 volontaires sains) l'étendue du champ visuel avec mouvements oculaires, d'étudier l'effet de lunettes à branches larges sur cette étendue, d'étudier chez les Hominoïdes (100 crânes humains et 120 crânes non-humains) l'influence de la morphologie du bord orbitaire sur cette étendue. Les mouvements oculaires augmentent l'étendue du champ visuel binoculaire de 37% (p < 0,001). L'augmentation est maximale dans le quadrant temporal (+46%; p < 0,001). Les lunettes à branches larges font perdre 25% (p < 0,001) du champ visuel binoculaire avec mouvements oculaires, et 33% dans le quadrant temporal (p < 0,001). L'orbite humaine a le rapport largeur/hauteur le plus grand (1,19; p < 0,001). Convergente comme celle des autres Hominoïdes, elle a un bord latéral dont la position qui est de loin la plus postérieure (107,1° par rapport au plan sagittal; p < 0,001) évite l'empiètement sur le champ visuel temporal. Nous avons développé un modèle mathématique pour évaluer la perte de champ visuel temporal découlant de l'attribution à l'orbite humaine de la position qu'occupe le bord latéral de l'orbite chez les Hominoïdes non-humains. La différence de position de 8,4° par rapport au plan sagittal entre humains et chimpanzés / bonobos fait perdre 21,1° d'excentricité du champ visuel temporal avec mouvements oculaires. Dans la lignée humaine, le mode de vie terrestre et non arboricole, dans des milieux plus ouverts que les forêts tropicales et l'affirmation progressive de la bipédie pourraient compter parmi les facteurs ayant fait évoluer ainsi l'orbite.

  • Titre traduit

    Eye motion and comparative orbital anatomy in Apes : effects on visual field


  • Résumé

    The aims of this work were to quantify in humans (15 healthy volunteers) the extent of the visual field with eye motion, to study the effect of wide-temple glasses on the extent of the visual field and finally to study in apes (100 human skulls and 120 non-human skulls) the influence of orbital margin morphology on the extent of the visual field. Eye motion increases binocular extent of the visual field by 37% (p < 0. 001). The increase is maximal in the temporal quadrant (+46%; p < 0. 001). Wearing wide-temple glasses results in a 25% decrease (p < 0. 001) of the binocular visual field with eye motion and a 33% decrease in the temporal quadrant (p < 0. 001). The human orbit has the largest width/height ratio (1. 19; p < 0. 001). While its convergent nature is shared with the other apes, in humans the orbit presents a singularly rearward temporal orbital margin (107. 1° to the sagittal plane; p < 0. 001), which precludes temporal visual field obstruction. We have developed a mathematical model to quantify the loss of visual field occurring when the human temporal orbital margin is placed in the position it has in non-human apes. A mere 8. 4° difference between humans and chimpanzees/bonobos relative to the sagittal plane resulted in a substantial (21. 1°) loss in lateral visual field eccentricity with eyeball abduction. In human lineage, this type of orbital morphology may have evolved mainly as an adaptation to terrestrial (as opposed to arboreal) open-country habitat and bipedal locomotion.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (95 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 85-94

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  • Bibliothèque : Université de Caen Normandie. Bibliothèque Madeleine Brès (Santé).
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : 16 CAEN 3156
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