La politique du chant dans les oeuvres de Pablo Neruda et de Louis Aragon : l’art comme conquête

par Margaux Valensi

Thèse de doctorat en Littératures française, francophones et comparée

Sous la direction de Isabelle Poulin.

Le président du jury était Philippe Baudorre.

Le jury était composé de Isabelle Poulin, Emmanuel Bouju, Vincent Ferré, Anne Tomiche.

Les rapporteurs étaient Emmanuel Bouju, Vincent Ferré.


  • Résumé

    Face aux grands drames historiques du 20ème siècle, Louis Aragon (1897-1982) et Pablo Neruda (1904-1973), deux poètes communistes, amis dans la vie, développent à travers leur œuvre une conception de la poésie et de l’art en général comme une conquête, qu’ils nomment « chant ». Bien qu’il renvoie au lien séculaire entre musique et poésie, le « chant », que la thèse prend pour objet, n’est ni réductible ni à la musique ni au texte. Pour eux, le chant est le symptôme de l’unité fondamentale de l’art et de la vie et peut constituer une expression valant dans n’importe quelle sphère de l’activité artistique. Cette étude défend l’hypothèse selon laquelle le chant est d’abord une énergie qui non seulement fonde le texte littéraire, mais irrigue également les autres arts, et notamment les arts plastiques. La thèse propose ainsi de réinterroger ce que l’on appelle « chant » à travers deux œuvres originales qui cherchent à redessiner des communautés politiques et esthétiques, à l’échelle nationale et internationale. En saisissant d’abord leur œuvre par le dehors, l’étude met en lumière les étapes de la fabrique du chant à partir de deux manières de relier les espaces poétiques et politiques : celui de l’histoire littéraire et artistique et celui de la traduction. Ensuite, la thèse se fonde sur une approche poétique pour examiner de l’intérieur le chant sous l’angle de l’énergie. Si le chant semble indéfinissable, c’est aussi parce qu’il n’est pas une forme ni même un genre à proprement parler, mais l’expérience sensible d’une présence partagée. Démesurée, l’énergie du chant défie les cadres de la représentation pour s’afficher comme une expression. C’est sous ce dernier prisme que l’étude inscrit le chant dans un horizon qui outrepasse la poésie et le confronte à des problématiques visuelles en convoquant les écrits sur l’art de l’un et de l’autre, de rares livres illustrés par les peintres muralistes (Siqueiros, Rivera, Venturelli et Léger) et en examinant de près les extensions du chant (le livre, le mur et la tapisserie), afin d’identifier la communauté d’enjeux entre ce que nos poètes appellent « chant » et des réalisations plastiques majeures du 20ème siècle.

  • Titre traduit

    Art as Conquest. The Canto and its Politics in the Works of Pablo Neruda and Louis Aragon


  • Résumé

    Facing the great historical dramas of the 20th century, Communist poets and friends Louis Aragon (1897-1982) and Pablo Neruda (1904-1973) showcased in their respective bodies of work a certain conception of poetry and of art as a conquest, which they named “canto” (in French “chant”). Although the term denotes the primeval relation between music and poetry, this dissertation postulates that the canto is not to be reduced to the sole musical or textual contexts. What both poets term “canto” is rather akin to the basic unity of art and life, and finds itself applicable to all artistic fields. In this sense, this dissertation first and foremost defends a vision of the canto as energy, which not only rests at the basis of textual creation but which also informs all other means of artistic expression, especially visual and plastic arts. The aim of this study is therefore to question what the term “canto” purportedly signifies in critical context. It does so by inspecting how the two oeuvres under scrutiny are relentlessly committed to shaping new political and esthetical communities, both nationally and internationally. Firstly approaching Aragon and Neruda’s works from an exterior viewpoint, the dissertation sheds light on the various elements that are generative of the canto by soliciting two areas which fundamentally connect poetical and political spaces: that of literary history and that of translation. The study then proceeds to examine the poetical works themselves through the notion of energy. If the defining contours of the canto remain elusive, it is precisely because it cannot be characterized as a form or as a genre in itself, but rather stands as the sentient experience of a shared presence. The overflowing energy emanating from the canto thereby begs the question of representation, whose frames it constantly defies in order to offer itself rather as an expression. This last notion serves as the final prism through which the canto is considered in this study, as something essentially exceeding the mere art of poetry and which interrogates the modalities of the visual. This concluding demonstration relies on Aragon and Neruda’s critical essays on art as well as rare books illustrated by muralist painters (Siqueiros, Rivera, Venturelli and Léger); it carefully explores the plastic prolongations of the canto (in book, wall or tapestry form) in order to further identify the common goals and implications of this literary entity, along with those of some major plastic arts achievements of the 20th century.

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