Tim O'Brien : l'écriture de la hantise

par Barbara Kowalczuk

Thèse de doctorat en Études anglophones

Sous la direction de Pascale Antolin-Pirès.

Le président du jury était Marc Amfreville.

Le jury était composé de Pascale Antolin-Pirès, Anne-Laure Tissut, Sylvie Bauer.

Les rapporteurs étaient Anne-Laure Tissut, Sylvie Bauer.


  • Résumé

    Cette hantologie de l’œuvre o’brienesque dépasse le postulat selon lequel Tim O’Brien est un écrivain de la guerre du Vietnam. S’il est indéniable que l’expérience personnelle du combat a influé sur la fiction et la non-fiction de l’auteur, les récits sont avant tout marqués par la hantise, au sens géographique, spatial et psychique du terme. La psychologie des lieux investis ou remémorés par l’auteur, les narrateurs et les protagonistes, est associée à des événements marquants dont on retrouve la trace dans le corps, la mémoire individuelle et collective, ainsi qu’au niveau formel. De fait, les êtres sont habités par la hantise timérique, le poids de la perte ou les séquelles de la traumatisation. O’Brien souligne l’appréhension, l’obsession, la mélancolie et les revenances traumatiques dans des thanatographies pénétrées de spectres et de fantômes, tout autant de manifestations de restances qui ne cessent de faire retour. La fréquentation des mêmes lieux, leur pouvoir hantologique, ainsi que la symbolisation du hantement psychique constituent une habitation thématique dont l’ascendance est perceptible d’un point de vue structurel et stylistique. Par conséquent, le texte o’brienesque se fait à son tour hantise : un lieu scriptural où l’auteur se spectralise, (re)visite d’autres écrivains et sa propre discursivité. L’ambiguïté née de l’autofictionnalisation et de l’énigmatisation, la configuration métafictionnelle ou métanarrative, enfin la tension narrative, ont pour effet de générer des textes intrigants et autoréflexifs. Au terme de l’analyse, il apparaît qu’O’Brien compose une spectropoétique ancrée dans un hantissage empreint d’une sensibilité baroque et d’une quintessence thanatologique qui assurent à l’auteur l’immortalité symbolique.

  • Titre traduit

    Tim O’Brien : Writing on What Haunts


  • Résumé

    While critics tend to consider Tim O’Brien as a writer of the Vietnam War, this hauntology of the author’s works goes beyond such postulate. Though it is indisputable that the personal experience of combat has influenced O’Brien’s fictional and non-fictional writing, the latter primarily deals with haunting, in the geographical, spatial and psychological sense of the term. The places visited or remembered by the author, the narrators and the protagonists, are associated with unforgettable events, lingering memories and reviviscences that can be traced in the body, in individual and collective memory, as well as in the form of the texts. Thus, individuals are haunted by disquietude, loss or the side effects of traumatization. O’Brien stresses apprehension, obsession, melancholy and traumatic revivification in thanatographies penetrated by specters and ghosts that keep returning. The hauntological power of geographical, spatial and psychological haunts establishes a recurring theme that impacts structure and style. Therefore, the o’brienesque text becomes a haunted and a haunting space, marked by the spectrality of the author. O’Brien (re)visits other writers and his previous writings. Ambiguous and enigmatic utterances, metafictional or metanarrative configurations and narrative tension generate intriguing and self-reflexive texts. In the end, it appears that O’Brien’s spectropoetics reads like a hantissage imbued with baroque traits and thanatological quintessence that provide the author with symbolic immortality.


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