Minotaure et labyrinthe, l'indicible et l'invisible : expression du mythe dans la littérature québécoise

par Nadine Rouquette

Thèse de doctorat en Littératures française, francophones et comparée

Sous la direction de Gérard Peylet.

Le président du jury était Daniel Marcheix.

Le jury était composé de Gérard Peylet, Claude Filteau, Andrée Mansau, Anthony Soron.

Les rapporteurs étaient Daniel Marcheix, Claude Filteau.


  • Résumé

    La mythologie place l’homme face à la temporalité de l’existence. La littérature permet d’appréhender cette temporalité tout en la densifiant à travers l’art. Le motif récurrent du labyrinthe et la figure du Minotaure qui lui est indéfectiblement attachée dévoilent les liens inextricables de l’écriture, du mythe et de la lecture. Le roman de l’écrivain québécois Jean Barbe, paru en 2004 : Comment devenir un Monstre a réactualisé la figure du Minotaure et a maintenu ce fil d’Ariane jusque dans son dernier roman : Le Travail de l’huître, en développant ses deux facettes : monstruosité et labyrinthe. Cette remémoration littéraire des mythèmes Minotaure et Labyrinthe apparaît dans d’autres ouvrages québécois contemporains notamment depuis les années soixante. Elle révèle à la fois la plasticité formelle du mythe, car il se fait jour dans des ouvrages de styles littéraires différents, et dégage des constantes littéraires qui pourraient être liées spécifiquement au corpus québécois. Hubert Aquin et Gilbert La Rocque développent des écritures caractérisées par des mouvements labyrinthiques et des thématiques éclairant ce propos. D‘autres auteurs aux écritures différentes permettent d’essayer de démontrer la prégnance et l’adaptabilité de ce mythe tant du point de vue du signifiant que du signifié : R.Ducharme, G.Bessette, R.Lalonde, M.Tremblay, J. Renaud, Y.Thériault, complètent ainsi l’étude. Des auteurs féminins apportent un autre point de vue : Aude, M.C. Blais, A. Hébert, S. Jacob, G. Roy, avec les voix de la jeunesse : A. Dandurand, J. Hétu, M.H. Poitras. G. Soucy assure également la relève ainsi que J.F Beauchemin, Biz, Louis Hamelin et S.Trudel qui mettent en scène ce mythe de façon singulière et significative. La figure du Minotaure par la représentation concrète de son ambivalence peut-elle saisir les spécificités de la littérature québécoise contemporaine marquée par la fracture historique? Le labyrinthe, attaché indéfectiblement au Minotaure, tour à tour efface ou fait ressurgir le monstre innommable, l’invisible rejoint alors l’indicible.

  • Titre traduit

    Minotaur and labyrinth, the unutterable and the invisible : Expression of the myth in quebecer literature


  • Résumé

    Mythology brings human being to face the temporality of existence. Literature allows to grasp this temporality in making it dense through art. The recurrent motif of the Labyrinth and the Minotaur’s figure which is its indefectible tie reveal the inextricable bounds between writing, myth and reading. Quebecer author Jean Barbe’s novel 2004: Comment devenir un Monstre actualised the Minotaur’s figure and this Ariane’s thread was maintained until his last novel : Le Travail de l’huître, expanding its two sides : monstruosity and labyrinth. This literary remembrance of the mythemes Minotaur and Labyrinth becomes evident in other contemporaneous quebecer works especially since the sixties. It both reveals the formal plasticity of the myth, for it appears in novels from various literary styles, and show some literary constants which could specifically be linked to the quebecer corpus. Hubert Aquin and Gilbert La Rocque develop writings characterized by labyrinthine movements and themes shining a light on this topic. Other writers with different ways of writing allow to try and display the weight and adaptability of the myth both in the significans and the signification. R. Ducharme, G. Bessette, R. Lalonde, M. Tremblay, J. Renaud, Y. Thériault, complete the study in this manner. Feminine authors bring another point of vue : Aude, M.C. Blais, A. Hébert, S. Jacob, G. Roy, with the voices of youth : A. Dandurand, J. Hétu, M.H. Poitras. G. Soucy also succeed to them along with J.F Beauchemin, Biz, Louis Hamelin et S. Trudel who stage this myth in a singular and significant way. Can the Minotaur figure, through concrete representation of its own ambivalence, catch the specificities of a contemporary quebecer literature, branded by a historical split? The Labyrinth, indefectibly tied to the Minotaur, in turn vanishes or brings forth the nameless monster, the unutterable thus joining the invisible.


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