La jeunesse populaire en territoires désindustrialisés : famille, emploi et sociabilité en contexte rural

par Thomas Venet

Thèse de doctorat en Sociologie et démographie

Sous la direction de Virginie De Luca Barrusse et de Catherine Bonvalet.


  • Résumé

    La jeunesse des classes populaires vivant sur les territoires ruraux et désindustrialisés connait un mode "d'entrée dans la vie adulte" marqué par la précarité professionnelle. Cette thèse propose d'étudier les modes de sociabilité et d'accès à l'autonomie de jeunes hommes et femmes rencontrés sur deux zones désindustrialisées situées en région Picardie. En mobilisant des données statistiques et des matériaux ethnographiques, nous montrerons que les obstacles pour accéder à l'emploi stable engendrent une incapacité à formuler des projets d'ordres familiaux, et une impossibilité d'accès à l'autonomie résidentielle et matérielle. Les jeunes se trouvent alors "enfermés" dans le temps présent et sur le territoire proche. Ce dernier apparaît comme l'espace de structuration de modes de sociabilité particuliers, et de formes singulières d'appartenance et d'identité. Les réseaux locaux, particulièrement la famille et les "bandes de copains", vont alors servir d'appuis pour contrebalancer les diverses formes de relégations dont font l'objet les jeunes des classes populaires rurales. Les jeunes femmes trouvent dans les rôles familiaux de substitution ou dans la maternité les ressources pour entamer la construction d'une respectabilité adulte. Les jeunes hommes se centrent, pour leur part, sur les réseaux d'amitié tissés dès l'enfance pour trouver des formes de confirmation sociale. La famille et les groupes de pairs génèrent des formes de reconnaissance sociale et d'identités collectives, induisant une recomposition des visions du "nous" et du "eux" dans les représentations du monde propres à la fraction de génération considérée


  • Résumé

    Youth of working classes living in rural and non-industrialized areas knows a particular way of «transition to adulthood» strongly marked by professional precariousness. This thesis proposes to study ways of sociability and ways of “empowerment” for young men and women in two non-industrialized areas in Picardy.By collecting statistical information (in areas and job markets) and ethnographical materials (collected from youth and their families or people working in structures for integration or professional training), the obstacles to get a stable job cause an inability to formulate family plans and a lack of material and residential empowerments. The youth get «locked» into the present time and in the local area. Indeed, the latter seems to be like the space in which family and friendly sociabilities develop and where particular forms of social belonging and identity. Local networks like family and “bands of folks” can be a support to counteract at least in part the different forms of relegation the youth of working classes experience. Young women find the resources in alternative family roles or in motherhood to start building an adult respectability (because of the assumption of responsibilities in the family sphere). Young men focus on networks of friendship developed from childhood to find forms of social confirmation. Therefore family and peer groups are spaces where particular forms of social acknowledgement and collective identities develop, resulting in a restructuring of the visions of «us» and «them» in the representations of the world particular to the part of the generation considered.


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