Interactions précoces entre barrière respiratoire et champignons : modèles murins d'aspergillose, mucormycose et cryptococcose

par Blandine Rammaert

Thèse de doctorat en Microbiologie procaryote et eucaryote

Sous la direction de Stéphane Bretagne.

Soutenue en 2015

à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Bio Sorbonne Paris Cité (Paris) , en partenariat avec Université Paris Diderot - Paris 7 (1970-2019) (autre partenaire) .


  • Résumé

    Les deux moisissures Aspergillus fumigatus et Lichtheimia corymbifera et la levure Cryptococcus neoformans sont responsables d'infections fongiques invasives chez l'immunodéprimé et ont en commun une porte d'entrée pulmonaire. Des données cliniques suggèrent une invasion au niveau bronchique et des données in vitro montrent la facilité d'internalisation des spores par l'épithélium respiratoire. Notre premier objectif est d'étudier l'internalisation des spores fongiques par l'épithélium dans des modèles de souris immunodéprimées. Après mise au point de ces modèles par inoculation intratrachéale, nous avons étudié la cinétique précoce de l'infection par chacun des trois champignons dans quatres conditions (neutropénie, diabète, corticothérapie, absence d'immunosuppression). Une étude histopathologique et une analyse morphométrique assistée par ordinateur, complétée par de la microscopie électronique à transmission, n'ont pas montré d'internalisation des spores ni de passage à travers l'épithélium bronchique dans les 18 premières heures post-inoculation. Ces études ont néamoins mis en évidence de grandes similitudes entre les étapes précoces des infections à Aspergillus et Lichtheimia. Nous avons aussi observé un ralentissement de la clairance des spores chez les souris sous corticoïdes qui pourrait jouer un rôle dans l'invasion ou la destruction tardives de l'épithélium. Dans une deuxième partie, nous avons étudié, par cytométrie de flux et microscopie biphotonique in situ, la phagocytose des spores de L. Corymbifera par les cellules dendritiques (DC) alvéolo-interstitielles (CD11b+) ou intraépithéliales (CD103+) chez des souris naïves. Les DC, quelle que soit leur localisation, ne phagocytent que peu de spores par rapport aux macrophages alvéolaire et aux polynucléaires neutrophiles. Par contre, les DC CD11b+ entrent en contact avec les macrophages ayant phagocyté des spores à 1 et 24h post-inoculation, ce qui n'a jamais été rapporté pour les spores fongiques. Nos expériences montrent aussi la présence de spores de Lichteimia au niveau des ganglions médiastinaux. L'identification des cellules responsables de leur transport pourrait améliorer notre compréhension du lien entre réponse innée et adaptative anti-Lichtheimia.

  • Titre traduit

    Early interactions between respiratory barrier and fungi : murine models of aspergillosis, mucormycosis, and cryptococcosis


  • Résumé

    Both molds, Aspergillus fumigatus and Lichtheimia corymbifera, and the yeast Cryptococcus neoformans are responsible for invasive fungal diseases in immuncompromised patients. They share a pulmonary portal of entry. Clinical data suggest a bronchial invasion by fungi, and in vitro data pointed out the ease of fungal spore internalization by the respiratory epithelium. Our main objective is to study the fungal spore internalization by the epithelium in immunosupppressed mouse models. After developing intratracheal inoculation murine models, we studied the early infection kinetics for the three fungi in four underlying conditions (neutropenia, diabetes, corticosteroids, immunocompetent). We showed with histopathology, computer-assisted morphometry and a transmission electronic microscopy analysis, that there is no early internalization nor crossing of the bronchial epithelium by the fungi in the first 18 hours post-inoculation. These studies, however, showed very similar patterns between Aspergillus and Lichtheimia in early pulmonary infection steps. In addition, decreased clearance of fungal spores in corticosteroid mice could enhance late bronchial invasion or destruction. In the second part of this project, we studied Lichtheimia spore phagocytosis in naive mice by alveolar/interstitial CD11b+ and intraepithelial CD103+ dendritic tells (DC) thanks to flux cytometry and biphotonic microscopy in situ. DC, whatever their localization, seem to play a minor role in spore capture contrary to alveolar macrophages and neutrophils. The CD11b+ DC closely connect with macrophages that have phagocytized spores at 1 and 24 hours post-inoculation. This phenomenon was never observed for fungal spores. We also demonstrate the presence of Lichtheimia spore in the thoracic lymph nodes. The identification of the cells involved in the spore transportation could improve our knowledge on the link between anti-Lichtheimia innate and adaptative response.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (151 p.)
  • Annexes : 219 réf. Annexes

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  • Cote : TS (2015) 019
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