Une étude de la honte : sujet, culture et temporalité

par Stéphane Muths

Thèse de doctorat en Recherche en psychopathologie et psychanalyse

Sous la direction de Gérard Pommier.


  • Résumé

    La question de la honte connaît un regain d'intérêt dans les recherches psychanalytiques comme si elle disposait d'une nouvelle actualité dans notre culture. Le sentiment de culpabilité est un point d'ancrage de la psychanalyse se confondant avec la honte. Cette dernière est un sentiment de déplaisir qui fait vaciller le psychisme car le sujet est humilié par la destitution de ses attributs narcissiques. La dialectique entre la honte et la culpabilité interroge la place du sentiment d'opprobre dans la construction subjective actuelle et ses modalités cliniques et culturelles. Les rapports entre honte et culture sont abordés selon deux aspects : un travail de la honte dans la culture et les cultures de la honte s'articulant autour des notions de miasme et de souillure. Notre modernité semble s'inscrire dans une logique du retournement de la honte entre son déni et son exhibition. Les cultures de l'opprobre s'appuient sur cette logique par rapport aux cultures de la culpabilité s'organisant autour du péché. La Grèce Antique fut le théâtre de la honte où l'estime publique était l'idéal. Le Japon d'après-guerre a aussi été guidé par le sens de l'honneur propre au seppuku. A ce jour, une autre forme de honte apparaît sous les traits du hikikomori et du suicide au travail. D'autres déclinaisons cliniques émergent notamment dans les phobies adolescentes. Elle révèle une autre forme de temporalité entre un affect-signal, une honte latente et une honte structurale d'après-coup. Elle est la marque d'une imposture phallique réactivant les angoisses de séparation hors du besoin de réparation propre à la culpabilité. La culture actuelle semble s'orienter vers une culture de la honte.

  • Titre traduit

    A study of shame : subject, culture and temporality


  • Résumé

    The topic of shame knows a revival of interest in psychoanalytic research as if it had a new topicality in our culture. The feeling of guilt is an anchor point of psychoanalysis merged with shame. The latter is a feeling of displeasure that upsets the psyche because the subject is humiliated by the removal of its narcissistic attributes. The dialectic between shame and guilt questions the place of the feeling of opprobrium in the current subjective construction and its clinical and cultural terms. The relationships between shame and culture are discussed in two aspects: a work of shame in the culture and the cultures of shame based around the concepts of miasma and staining. Our modernity seems to fall into a logic based on the turning over of shame between its denial and its exposure. Shame cultures rely on this logic whereas guilt cultures rely on the question of Sin. Ancient Greece was the scene of shame where the public esteem was the ideal. The post-war Japan has also been guided by the sense of own seppuku honor. Today, another form of shame appears in the guise of the hildldmori and suicide at work. Other clinical variations emerge notably in teenage phobias. It shows another form of temporality between affect-signal, a latent shame and an afterwards structural shame. That can be seen as the mark of a phallic sham reactivating the anxiety of separation out of the own guilt repair need. The current culture seems to be moving towards a culture of shame.

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  • Détails : 1 vol. (403 p.)
  • Annexes : 327 réf. Notes de bas de page. Index

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  • Cote : TL (2015) 065

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