La diplomatie traditionnelle des Atègè du Gabon

par Catherine Mouandjouri

Thèse de doctorat en Sciences sociales

Sous la direction de Éric Navet.

Le président du jury était Roger Somé.

Le jury était composé de Joseph Tonda, Elikia MBokolo.

Les rapporteurs étaient Antigone Mouchtouris, Fouad Nohra.


  • Résumé

    Mon étude porte sur la diplomatie en Afrique, elle vise notamment l'analyse du phénomène diplomatique dans les sociétés traditionnelles d’Afrique centrale. En partant de l’exemple des Atègè du Gabon, je m’intéresse aux mécanismes de prévention et de résolution des conflits dans l’Afrique précoloniale et de la transposition desdits mécanismes dans le contexte actuel. En effet, l’Afrique est perçue aujourd’hui comme un continent « non- diplomatique » c’est-à-dire comme le continent de la guerre et des conflits armés. J’aborde les rapports entre les sociétés traditionnelles d’Afrique, dans une perspective nouvelle, qui réfute l’idée répandue par des nombreux auteurs et observateurs selon laquelle les rapports entre ces sociétés ont toujours été conflictuels. L’idéologie de la violence en Afrique mérite d’être abordée et observée avec un regard éclairé. Pour reprendre une expression chère à Marc Augé, je dirai que la situation de conflits en Afrique contemporaine est un « non-lieu », dans le sens où les transformations excessives des conflits modernes ne sont ni l’apanage, ni le propre de l’Afrique ; elles appartiennent à la modernité. J’ajouterai au concept « non-lieu », celui de « politique » pour signifier le « non-lieu politique » car la transformation majeure de la politique africaine se dessine dans les années 1950, au lendemain de la seconde guerre mondiale. Après des siècles de domination coloniale, ce continent se caractérise par les États affaiblis héritiers de frontières coloniales artificielles et d’oppositions entre groupes linguistiques. L’Afrique est par conséquent dans un non-lieu politique ; l’africain n’a plus de lieu anthropologique politique, il vit l’organisation politique et sociale comme une donnée de l’extérieur qui s’est imposée à lui sans tenir compte des réalités. Le lieu offre à chacun un espace qu'il incorpore à son identité, dans lequel il peut rencontrer d'autres personnes avec qui il partage des références sociales. Cependant, l’africain oscille entre la vie politique traditionnelle autochtone et la vie politique occidentale qui lui est imposée et dont il ignore les mécanismes d’appropriation. L’intérêt de mon étude réside dans la contestation de la vision internationale des conflits dans laquelle les notions de paix et de stabilité territoriale en Afrique ont ignoré la dimension anthropologique locale dont l’importance est incontestable de nos jours. Dans un souci de lutte collective contre les conflits en Afrique, l’étude présente une piste d’analyse sur la recherche de la paix, en faisant intervenir l’importance de la culture et de la civilisation africaines comme moyens efficaces de stabilité politique dudit continent.

  • Titre traduit

    Traditional diplomacy Atègè of Gabon


  • Résumé

    My study focuses on diplomacy in Africa, it seeks in particular the analysis of the diplomatic phenomenon in traditional societies of Central Africa. Based on the example of Atègè group in Gabon, I am interested in the mechanisms of prevention and resolution of conflicts in pre-colonial Africa and transposition of the said mechanisms in the current context. Indeed, Africa is seen today as a "non-diplomatic" continent that is to say, as the continent of war and armed conflicts. I discuss a new perspective of relationship between traditional African societies, which disproves the notion spread by many authors and observers that the relationship between those societies have always been conflicting. The ideology of violence in Africa needs to be addressed and observed with a watchful eye. To borrow an expression dear to Marc Augé, I will say that the situation of conflict in contemporary Africa is a "no-place", in the sense that excessive transformations of modern conflicts are neither confined nor own by Africa; they belong to modernity. I would add to the concept of "no-place", that of "politics" to mean the "political no place" because the major transformation of African politics is emerging in the 1950s, after the Second World War. After centuries of colonial rule, the continent is characterized by weakened states heirs of artificial colonial borders and ethnic opposition. Africa is therefore in a political dismissal; African politics has no anthropological place, the political and social organization being imposed on him without even considering its realities. The anthropological place offers everyone a space that incorporates identity, where one can meet other people with whom they share social references. However, the African vacillates between the traditional Aboriginal politics and the Western political life that is imposed on him and of which he ignores the mechanism of appropriation. The significance of my study is to challenge the international vision of conflicts in which the notions of peace and stability in Africa have ignored local anthropological dimension whose importance is indisputable at the present time. In The sake of collective struggle against conflicts in Africa, the study provides an analysis Track on search of peace, involving the importance of culture and of African civilization as an effective means of political stability of the said continent.

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