L'exceptionnalisme religieux et la Constitution américaine

par Maxence Guillemin

Thèse de doctorat en Droit public

Sous la direction de Arnaud Coutant.

Soutenue le 07-09-2015

à Reims , dans le cadre de Ecole doctorale Sciences de l'homme et de la société (Reims, Marne) , en partenariat avec (CRDT) Centre de Recherche sur la Décentralisation Territoriale (laboratoire) .

Le président du jury était Thomas Hochmann.

Le jury était composé de Arnaud Coutant, Jean Victor Poulard.

Les rapporteurs étaient Franck Laffaille, Alistair Cole.


  • Résumé

    La présente étude tend à replacer le contexte de la construction fédérale américaine à la lumière d'un théisme politique émergent. L'exceptionnalisme procède à ce titre d'un paradoxe originel qui vient directement nourrir nos interrogations : la reconnaissance par la lettre constitutionnelle puis par les juges de la Cour Suprême d'un véritable « mur de séparation » entre le spirituel et le temporel, parfois exacerbé par les instruments du droit, mais qui doit être associé à la mise en place d'une «religion de la République» élaborée et fortement institutionnalisée. De là, l'auteur voit dans la notion d'exceptionnalisme religieux la mise en œuvre d'une rhétorique nouvelle qui entend offrir les instruments conceptuels permettant de revisiter la subtile immixtion de l' « esprit de religion » et de l' « esprit de liberté » chers à Alexis de Tocqueville. Cette perspective a dès lors pour dessein d'entrevoir une résolution de l'impossible oxymore que forme la république théocratico-laïque. Cette apparente dichotomie ne peut être entrevue à travers une lecture exclusivement doctrinale, elle emporte au contraire nombre d'incertitudes sur le plan jurisprudentiel. L'étude démontre à ce titre que les juges, en éludant la notion d'exceptionnalisme américain, ne peuvent construire un paradigme juridique apte à apprécier de manière satisfaisante les dispositions de droit positif en matière religieuse. Aussi, le constitutionnaliste œuvre à étudier les mécanismes juridiques traduisant un phénomène sociologique exceptionnaliste. Cette approche éclaire de telle manière la notion sans cesse revisitée de « laïcité américaine ».

  • Titre traduit

    Religious exceptionnalism and American Constitution


  • Résumé

    This study tends to put the federal construction in context of an emerging political theism. Exceptionalism reveals an original paradox that directly feeds our questions: the recognition by the Constitution then by the judges of the Supreme Court of a “wall of separation” between spiritual and temporal powers, sometimes exacerbated by the instruments of the law, but which must be associated with the establishment of a “religion of the Republic” highly developed and institutionalized. From there, the author sees the notion of religious exceptionalism as the implementation of a new rhetoric that aims to provide the conceptual tools to revisit the subtle interference of the “spirit of religion” and the “spirit of liberty”, quoted from Alexis de Tocqueville. This perspective has therefore the ambition of establishing a possible resolution of the oxymoron that forms the theocratic-secular republic. This apparent dichotomy cannot be seen through a purely doctrinal reading, it brings on the contrary many uncertainties on the jurisprudential work. The study shows that the judges, eluding the notion of American exceptionalism, cannot build a legal paradigm able to appreciate adequately the provisions of substantive law in religious matters. To this end, the constitutionalist studies the legal mechanisms resulting from an exceptionalist sociological phenomenon. This approach sheds light on the concept so constantly revisited of “American secularism”.


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