Les Historiae Alexandri Magni de Quinte-Curce : le mythe d’Alexandre et la représentation du pouvoir à Rome (Ier siècle ap. J.-C.)

par Igor Yakoubovitch

Thèse de doctorat en Études latines et néo-latines

Sous la direction de Charles Guittard.

Le président du jury était Étienne Wolff.

Le jury était composé de Charles Guittard, Étienne Wolff, Dominique Briquel, Olivier Devillers, Gérard Freyburger, Anne Videau.

Les rapporteurs étaient Dominique Briquel, Olivier Devillers.


  • Résumé

    Considéré comme un historien qui sacrifie rigueur et exactitude à son souci de la rhétorique, Quinte-Curce jouit, et avec lui son histoire « romancée », d’une réputation en demi-teinte. Au-delà de faiblesses et d’un mélange des genres entre histoire, morale et rhétorique du reste caractéristiques de l’ensemble de l’historiographie romaine, les Historiae Alexandri Magni constituent un témoignage intéressant sur la représentation du pouvoir à Rome au Ier siècle de n.è. En s’appuyant sur un portrait rigoureusement construit, Quinte-Curce met en relief l’évolution du Conquérant, soumis à la tentation de l’Orient, de la fortune et de ses modèles héroïques. L’historien se livre alors à une véritable entreprise de démystification qui touche la nature même de cet Orient merveilleux, la fortune providentielle dont se réclame le Macédonien et même le langage. Sont ainsi condamnés la quête effrénée de gloire que poursuit le roi, et son rêve de divinisation : l’Orient est synonyme de renversement généralisé des normes et des valeurs, la fortune une illusion conduisant à un sentiment d’impunité. En déconstruisant la propagande d’Alexandre, Quinte-Curce révèle alors un autre imaginaire – le sien – en même temps qu’une idéologie. En filigrane, il propose aussi un idéal du pouvoir qui repose essentiellement sur l’équilibre et sur la responsabilité du prince. Par là, il interroge, au regard des réalités politiques de son temps, la pertinence d’un mythe central dans l’imaginaire politique romain et dont l’ombre plane sur tous les ambitieux, à commencer par les empereurs ou les candidats à l’Empire. Son récit bien mené incite donc à une réflexion réelle sur l’exercice du pouvoir, ses enjeux et ses limites.

  • Titre traduit

    Curtius’ Historiae Alexandri Magni : the Myth of Alexander and the Representation of Power in Rome (First Century A.D.)


  • Résumé

    Considered a historian who sacrifices his rigor and accuracy for the sake of rhetoric, Curtius Rufus enjoys, and with him his “fictionalized” history as well, a halftone reputation. Notwithstanding its shortcomings and a mixture of genres between history, moral and rhetoric, which are also typical of the entire Roman historiography, the Historiae Alexandri Magni are an interesting testimony of the representation of power in Rome in the first century A.D. Building on a rigorously constructed portrait, Quintus Curtius highlights the evolution of the Conqueror, subject to the temptations of the East, of fortune and its heroic models. The historian attempts to debunk the very nature of this wonderful East, the providential fortune claimed by Macedonian, and even language. The unbridled quest for glory pursued by the king and his dream of deification are here condemned: the East stands for a general inversion of norms and values, and fortune becomes an illusion leading to a feeling of impunity. By deconstructing Alexander's propaganda, Curtius then reveals another imaginary—his own—along with an ideology. Implicitly, it also proposes an ideal of power mainly based on balance and on the responsibility of the prince. The historian questions the relevance of a central myth of the Roman political imagination in the political context of the times, whose shadow looms over all ambitious men, starting with emperors or candidates for the Empire. His well crafted narrative is a call for a reflection on the actual exercise of power, its challenges and limitations.



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