Des maisonnées transnationales : une migration rom dans ses routes, lieux et objets entre la Roumanie et la France

par Norah Benarrosh-Orsoni

Thèse de doctorat en Ethnologie

Sous la direction de Anne Raulin et de Sylvaine Camelin.

Le président du jury était Michel Agier.

Le jury était composé de Anne Raulin, Sylvaine Camelin, Michel Agier, Catherine Wihtol de Wenden, Martin Olivera.

Les rapporteurs étaient Catherine Wihtol de Wenden.


  • Résumé

    Cette thèse analyse l’expérience migratoire de familles roms roumaines installées en banlieue parisienne. Pour ces Roms, la matérialisation la plus visible de la réussite sociale réside dans la construction d’une maison indépendante dans leur village d’origine. Ce travail est né d’une longue enquête de terrain en France, en Roumanie et sur la route avec ces familles roms, au cours de laquelle je me suis intéressée aux multiples aspects matériels de la vie en migration. Je montre, d’une part, comment les membres de ce groupe parviennent à donner une cohérence au double ancrage qu’ils maintiennent entre la Roumanie et la France, tout en entretenant des liens de parenté forts, malgré la distance qui sépare souvent les membres d’une même famille. En analysant ce premier aspect, je montre, d’autre part, que ces migrants s’organisent en véritables maisonnées transnationales, reconfigurations familiales originales qui permettent aux membres du foyer dispersé de maintenir une dépendance réciproque et ce faisant, d’optimiser les bénéfices nécessaires à la concrétisation des projets immobiliers. Ceux-ci, qu’ils soient modestes ou impressionnants, permettent en retour de signifier aux yeux du groupe, par une action sur l’environnement matériel, la volonté de chacun de continuer à s’élever sur l’échelle sociale.

  • Titre traduit

    Transnational Households : a Romani migration through its routes, places and objects between Romania and France


  • Résumé

    This work analyses the migratory experience of Romanian Roma families who settled down in the Parisian suburbs. The most visible materialisation of social success lies for them in the building of a new and independent house in their home village. The research is based on a long fieldwork carried out in France, in Romania and on the road with the Roma families, during which I focused on the numerous material aspects of life in migration. On the one hand, I show how members of this group developed a kind of double rootedness between Romania and France, how these attaches are kept coherent in their minds, as they also work keep-up with kinship relationships, when parents are most often scattered in several countries. While investigating this first aspect, I demonstrate, on the other hand, that these migrants structure themselves in genuine transnational households, this original family setup keeping its members interdependent and thus, allowing them to gather the money needed for the building projects. Whether being modest or impressive, these in turn enable their owners to state loud, in the eyes of the group, and through an action on the material environment, their intention to keep climbing the social ladder.

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