La danse comme spontanéité : hypothèse d'une structure inconsciente du mouvement

par Bruno Traversi

Thèse de doctorat en Philosophie (métaphysique, épistémologie, esthétique)

Sous la direction de Jean-François Balaudé.


  • Résumé

    On peut distinguer deux formes à la spontanéité, la spontanéité autonome – le geste trouve son origine dans l’intériorité du sujet indépendamment des influences extérieures –, et la spontanéité hétéronome – forme de réaction, de laisser-aller, aux variations du milieu ambiant. La première est celle des danseurs « du mandala », tel que Carl Gustav JUNG a pu les observer, qui agissent involontairement en prise avec une grandeur intérieure. La seconde est celle des danseurs contemporains tels que les pratiquants de la danse Contact Improvisation de PAXTON, ou encore des danseurs de buto. Ces deux types de spontanéité renvoient à deux paradigmes scientifiques différents. Alors que PAXTON fonde explicitement sa pratique sur les lois de NEWTON, conçoit les rapports que l'individu entretient avec son environnement comme des interactions mécaniques, JUNG et Wolfgang PAULI pensent la relation de l'homme avec son environnement non seulement à travers la sensibilité et la causalité, mais aussi à travers un lien a-causal qu'est la psyché. Cette conception de JUNG et de PAULI se fonde sur les découvertes en physique quantique, principalement sur le concept de complémentarité de Niels BOHR Nous proposons ensuite une approche phénoménologique de cette danse grâce à laquelle nous dégageons une structure psychophysique inconsciente. Cette structure comporte trois plans du vécu psychophysique (individuel et collectif), emboîtés les uns dans les autres, que nous avons nommés : central, primaire et secondaire. Leur déploiement correspond à trois étapes de différenciation du non-moi au moi, ou si l'on préfère du on au je – architecture psychophysique qui fait écho à la structure métaphysique de PLOTIN.

  • Titre traduit

    Dance as spontaneity : hypothesis of an unconscious structure of the movement


  • Résumé

    A distinction can be made between two forms of spontaneity, i.e. the autonomous spontaneity – the gesture originates from the interiority of the subject, regardless of external influences-, and the heteronomous spontaneity – a kind of reaction, of letting go according to environmental changes. The first is the one of the dancers “of the mandala”, as observed by Carl Gustav Jung, who act unwillingly, caught up by an inner greatness. The second is the one of contemporary dancers, such as those practicing PAXTON’s Contact Improvisation, or as Buto dancers. Those two types of spontaneity refer to two different scientific paradigms. Whereas PAXTON explicitly bases his practice on Newton’s laws and conceives the relations of an individual with his/her environment as mechanical interactions, Jung and Wolfgang Pauli think the relation of men and their environment not only through sensitivity and causality, but also through the acausal link of psyche. JUNG and PAULI’s view is grounded on discoveries in particular physics, mainly on Niels BOHR’s concept of complementarity. We then propose a phenomenological approach of this dance, from which we identify an unconscious structure of movement. This structure includes three planes of psychophysical experience (individual and collective), which are nested in each other, that we call: central, primary and secondary.Their deployment correspond to three stages of the differentiation of the self and the non-self, or, one might prefer to say, of the we and the I – the psychophysics architecture that echoes PLOTINUS’ metaphysic structure.

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