Enjeux et paradoxes de la vieille France à travers l'itinéraire du journaliste Pierre-Sébastien Laurentie : royalistes et catholiques à l'épreuve de la modernité (1814-1835)

par Estelle Berthereau

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Michèle Riot-Sarcey.

Soutenue le 30-10-2015

à Paris 8 , dans le cadre de École doctorale Pratiques et théories du sens (Saint-Denis, Seine-Saint-Denis) , en partenariat avec Centre de recherches historiques : histoire des pouvoirs, savoirs et sociétés (équipe de recherche) .

Le président du jury était Philippe Boutry.

Le jury était composé de Michèle Riot-Sarcey.

Les rapporteurs étaient Jean-Claude Caron, Jacques-Olivier Boudon.


  • Résumé

    L’itinéraire de Pierre-Sébastien Laurentie, publiciste d’origine modeste qui connaît une ascension grâce aux réseaux de la Congrégation, éclaire un milieu bourgeois royaliste et catholique œuvrant pour le renouveau de leur mouvement. Appartenant à la « génération de 1820 » comme son éternel rival Eugène de Genoude, Laurentie accède à une fonction de journaliste national, en restant soumis aux exigences d’un mouvement royaliste qui le pousse à devenir ultra. N’ayant pas fait l’expérience de la Révolution française, il prend des chemins de traverse qui témoignent de la complexité du mouvement royaliste aux multiples sensibilités. Laurentie souhaite catholiciser le mouvement royaliste et compte, pour cela, sur le soutien de Lamennais et de ses disciples. Il veut que la restauration monarchique s’accompagne d’une restauration complète du catholicisme, alors que l’Église est en pleine mutation. Du côté de la tradition avant 1830, Lamennais influence Laurentie vers le traditionalisme absolu. Laurentie est alors écartelé entre les mennaisiens, les ultras dissidents et les partisans du renforcement de l’Église de France. Il lutte contre la monarchie modérée, car elle est, d’après lui, la porte ouverte aux Carbonari. Plus enclin à la modernité après 1830, il est un des chefs de file avec Berryer du légitimisme légaliste qui peine à s’imposer face aux partisans de l’action, aux absolutistes émigrés, à ceux qui souhaitent se rallier à Louis-Philippe et aux légitimistes ouverts à la démocratie. La rupture avec Lamennais en 1834 marque l’échec de sa politique d’unité : un fossé se creuse entre légitimistes et catholiques que seule la défense de la liberté d’enseignement rapproche.

  • Titre traduit

    Challenges and paradoxes of the “old France” in the light of the itinerary of the journalist Pierre-Sébastien Laurentie : royalists and Catholics faced with modernity (1814-1835)


  • Résumé

    The itinerary of Pierre-Sébastien Laurentie, publicist of humble extraction who managed to climb the social ladders thanks to his connections with the Congregation, informs on a royalist, catholic and bourgeois environment manoeuvring for the revival of their movement. Laurentie is, like his rival Genoude, part of the so-called "1820 generation". His writing abilities contributed to his becoming an influential journalist nationwide, while the royalist movement retained a strong influence on him that contributed to his becoming an ultra. Having not experienced the French Revolution, his itinerary reflects the complexity and multiple nuances of the royalist movement. Laurentie is willing to “catholicize” the royalist movement and is counting on the support of Lamennais. His objective is that the restoration of the monarchy be accompanied by a restoration of catholicism, in a period when the Church is going through significant changes. Before 1830, Lamennais influences Laurentie towards absolute traditionalism. Laurentie is torn between Mennaisians, dissidents in the ultra movement and supporters of the strengthening the French Church. He stands against moderate monarchy which, he believes, would benefit the Carbonaris. More open to modernity after 1830, Laurentie is, with Berryer, one of the main promoters of legalistic legitimism, which encounters a fierce opposition from the supporters of action, absolutists who emigrated, conservatives behind Louis-Philippe and legitimists more open to democracy. The breakdown with Lamennais’ ideas in 1834 marks the failure of Laurentie’s efforts towards unity: it increases the gap between Catholics and legitimists, reduced only during the fight for the freedom of choice between education systems.

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