Cuisine, écriture et savoir : transmissions et renaissance de la cuisine médiévale anglaise (XIe-XVe siècles)

par Dino Meloni

Thèse de doctorat en Histoire médiévale

Sous la direction de Leo Martin Carruthers.

Soutenue le 11-12-2015

à Paris 4 , dans le cadre de École doctorale Mondes anciens et médiévaux (Paris) , en partenariat avec Centre d'études anglaises médiévales (Paris) (équipe de recherche) .

Le président du jury était Claire Charlot.

Le jury était composé de Anne Brunon-Ernst, Martine Yvernault.


  • Résumé

    La renaissance du XIIe siècle, est caractérisée en Angleterre par l'hégémonie de la dynastie des Plantagenêts ainsi que par un épanouissement intellectuel. Aucune étude n'a pourtant évoqué la thèse d'une renaissance culinaire. Cet essai consiste donc à mettre en lumière les rapports de connexité entre pouvoir, savoir et cuisine et de démontrer que le mécanisme de la translatio imperii et studiorum entraîne dans sa dynamique une translatio coquinæ. Si un système complexe de gouvernance encourage l'essor d'une cuisine d'élite, la gastronomie est elle-même un attribut du pouvoir anglo-normand. Au XIIe siècle, l'engouement pour la culture et le savoir gréco-arabe établit un lien culinaire avec l'Antiquité et accentue la rupture avec le passé anglo-saxon. Ce mouvement de reprise d'un passé glorieux, réadaptée et améliorée fait écho dans la notion de « renaissance ». La valorisation de l'écrit en tant que réceptacle du savoir est tout aussi fondamentale. À partir du XIIe siècle, les premières recettes, héritées de la tradition gréco-arabe, révèlent un nouveau rapport entre écriture et cuisine. En déconsidérant la culture orale et la mémoire, jugées faillibles, cette renaissance établit puis lègue la croyance en un progrès gastronomique civilisateur généré par le livre de cuisine. Par opposition, l'absence de recettes implique une cuisine moins sophistiquée et une société moins civilisée. En opérant d'une dynamique commune à la translatio imperii et studiorum, la translatio coquinae compose un mytho-moteur et transmet un mythe gastronomique qui constitue aujourd'hui l'un des fondements du patrimoine culinaire occidental et l'un des dogmes de la méthodologie historiographique.

  • Titre traduit

    Cuisine, writing and knowledge : transmissions and renaissance of English medieval cuisine


  • Résumé

    The twelfth-century renaissance in England is characterized by the hegemony of the Plantagenets as well as Anglo-Norman intellectual thriving. However, no study has yet defended the thesis of an Anglo-Norman culinary renaissance. This dissertation aims at highlighting the connexity between power, knowledge and cuisine and at demonstrating how the mechanism of translatio imperii et studiorum also sets in motion a dynamic of translatio coquinæ. While an elaborate system of governance supports the flourishing of elite cuisine, gastronomy is itself a legitimizing attribute of Anglo-Norman political strategy and influence. In the twelfth century, the enthusiasm for recently discovered Greco-Arabic culture and knowledge establishes a sense of classical culinary revival and stresses the will to break from Anglo-Saxon heritage. Recovering and improving a glorious past echoes in the concept of "renaissance". The promotion of writing as a receptacle of knowledge is equally fundamental. From the twelfth century onwards, the first Western medieval recipes inherited from Greco-Arabic tradition, reveal a new relationship between writing and cooking. Through the depreciation oral culture and memory, considered unreliable, this renaissance establishes and passes down a strong belief in the civilizing gastronomic progress generated by cookbooks, while in contrast, the absence of recipes involve less sophisticated cooking and a less civilized society. Born from the conception of translatio imperii et studiorum, the translatio coquinae has produced a mythomoteur and a gastronomic myth now firmly rooted in Western culinary heritage and in historiographic methodology dogma.


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