Le livre de ballet, un objet littéraire ? : écrivains et chorégraphes en France des années 1910 aux années 1960

par Delphine Vernozy

Thèse de doctorat en Littérature française

Sous la direction de Didier Alexandre.

Soutenue le 03-12-2015

à Paris 4 , dans le cadre de École doctorale Littératures françaises et comparée (Paris) , en partenariat avec CELLF 19e-21e (équipe de recherche) .

Le président du jury était Michel Murat.

Le jury était composé de Guy Ducrey, Hélène Laplace-Claverie.


  • Résumé

    Destiné à se métamorphoser en danse, le livret serait un texte transitoire, et par là même privé de valeur littéraire. Pourtant, des Ballets russes aux années 1960, les collaborations entre le ballet et les écrivains connaissent un essor sans précédent. Jean Cocteau, Blaise Cendrars, Paul Claudel, Louis-Ferdinand Céline, René Char, Jean Anouilh, Jean Genet ou Eugène Ionesco furent tous auteurs de livrets. Que cherchent les écrivains dans cette forme a priori éphémère ? S’agit-il de s’emparer du livret en poète, de le délivrer de son statut utilitaire pour en faire une œuvre littéraire, digne d’être appréciée pour elle-même ? Il semble aussi que le livret tire sa valeur de l’accès qu’il donne à un espace autre, celui de la création collective et du spectacle, d’une œuvre où la scène et le corps éclipsent les mots et où l’écrivain peut rompre avec la littérature pour se rêver chorégraphe. Cette double tendance place le livret au cœur des évolutions qui travaillent les champs littéraire et chorégraphique au XXe siècle. Tandis que la littérature voit son statut d’art dominant vaciller, la danse conquiert son autonomie et le chorégraphe s’affirme. Persistant à fonder la danse sur le texte, à rebours des recherches de la danse moderne, le ballet conserve à l’écrivain sa place dans la création chorégraphique pour mieux interroger la préséance du verbe. Qu’est-ce que la littérature ? qu’est-ce que la danse ? telles sont dès lors les questions que pose le livret de ballet.

  • Titre traduit

    The ballet libretto, a literary object ? : Writers and choreographers in France, 1910s - 1960s


  • Résumé

    Meant to be danced, the libretto should have been a transitory text, hence lacking in literary value. Yet the period from the Ballets Russes to the 1960s saw an unprecedented rise in collaborations between writers and the ballet. Jean Cocteau, Blaise Cendrars, Paul Claudel, Louis-Ferdinand Céline, René Char, Jean Anouilh, Jean Genet and Eugène Ionesco all wrote librettos. But what were writers looking for in this a priori ephemeral form? Did they want to seize hold of the libretto and deliver it, as poets would, of its utilitarian status, transform it into a literary work, worthy of appreciation in itself? The libretto also drew its value from the access it gave to an alternative space of collective creation and performance, to a kind of work where the stage and the body eclipse the text and where the writer can break with literature and dream of being a choreographer. This dual tendency placed the libretto at the heart of the evolutions that shaped literature and choreography during the twentieth century. Whereas literature saw its status as a dominant art waver, dance won its autonomy and the choreographer asserted himself. Unlike the investigations of modern dance, ballet continued to make dance rely on text, retaining a place for the writer in choreographic creation in order to better question the precedence of language. What is literature? What is dance? These are the questions that the ballet libretto poses.


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