La peinture de fleurs persane et indienne de la période moderne (XVIe-XVIIIe siècles)

par Isabelle Imbert

Thèse de doctorat en Histoire de l'art

Soutenue le 04-12-2015

à Paris 4 , dans le cadre de École doctorale Histoire de l’art et archéologie (Paris) , en partenariat avec Orient et Méditerranée (Ivry-sur Seine, Val de Marne) (laboratoire) .

Le président du jury était Philippe Sénéchal.

Le jury était composé de Jean-Pierre Van Staëvel, Eloïse Brac de la Perrière, Yves Porter, Markus Ritter.


  • Résumé

    Le présent travail porte sur les peintures de fleurs produites en Iran et en Inde entre le XVIe et le XVIIIe siècles et destinées à être montées dans des albums alliant peintures et calligraphies. Cette étude s'organise autour de trois axes de recherche. En premier lieu, l'étude de l'évolution des pratiques picturales au sein des ateliers de peinture, ainsi que la mise en évidence des différences formelles entre les centres de production. La taxonomie des peintures de fleurs a permis de mettre en évidence certains régionalismes, mais également des modes de représentation partagés entre l'Iran safavide (1501-1722), afshar (1736-1749) et zānd (1750-1794) d'un côté, et l'Inde moghole (1526-1857) et les cours provinciales de l'autre. Le second axe de recherche est consacré aux échanges entre l'Orient et l'Occident. Plusieurs peintures de fleurs persanes et indiennes sont issues d'herbiers et florilèges, imprimés en Europe à partir du XVe siècle. L'étude de l'apport européen dans ces productions de peintures permet de mettre en évidence les pratiques d'assimilation des formes exogènes par les artistes. Enfin, le troisième axe interroge le rôle tenu par les peintures de fleurs au sein des albums, ou muraqqaʻ. La compilation d'albums est attestée en Iran dès le XVe siècle, et passe vraisemblablement en Inde durant la première moitié du XVIe siècle. Les fleurs s'y déploient progressivement jusqu'à devenir omniprésentes, autant au centre des pages que dans les marges et sur les reliures. Les représentations florales revêtent des symboliques diverses qui sont à mettre en relation avec un abondant corpus poétique, mais également avec les patrons persans, indiens ou européens qui commandent ces précieux volumes. Parmi les conclusions, notons les attributions de dessins anonymes au peintre persan Shafīʻ ʻAbbāsī et une discussion sur les notions de copie et d'interprétation.

  • Titre traduit

    Persian and Indian Flower Paintings during the pre-modern Era (16th-18th centuries)


  • Résumé

    This dissertation focuses on flower paintings produced in Persia and India between the 16th and the 18th centuries to be mounted in albums, also called muraqqa'. This study is centered on three research axis. First, pictorial practices are analyzed, as well as the general evolution of floral forms on album pages. The taxonomic approach on flower paintings led to highlight regionalisms, but also depiction modes shared between Safavid (1501-1722), Afsharid (1736-1749) and Zand (1750-1794) Persia on one hand, and Mughal India (1526-1857) and Indian provincial courts on the other. The second line of research focuses on cultural and artistic exchanges between the East and the West. Many Persian and Indian flower paintings are copied from European printed herbaria and florilegia from the 15th century. The study of European input on these productions highlights assimilation practices of foreign forms. The third axis questions the role held by flower paintings in albums, or muraqqa'. From the 15th century, flowers gradually spread to become omnipresent in the center of the pages, in the margins and on the bindings. Floral representations take various symbolic values linked to an abundant poetic corpus, but also to Persian, Indian or European patrons who order these precious volumes. Among the conclusions, this thesis suggests new attributions of anonymous drawings to the Persian painter Shafīʻ ʻAbbāsī, and holds a discussion about concepts of copy and assimilation.


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