La mobilité des adolescents en situation de placement (Rhône) : l'espace, enjeu d'une action sociale et action sociale

par Fleur Guy

Thèse de doctorat en Geographie

Sous la direction de Lydia Coudroy de Lille et de Sandrine Depeau.

Le président du jury était Vincent Veschambre.

Le jury était composé de Lydia Coudroy de Lille, Sandrine Depeau.

Les rapporteurs étaient Michel Parazelli, Thierry Ramadier.


  • Résumé

    A travers une enquête menée dans quatre Maisons d’Enfants à Caractère Social du département du Rhône, cette thèse interroge les rôles des déplacements et de la mobilité des adolescents en contexte de placement. Intégré au double dispositif de l’Aide Sociale à l’Enfance et de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, le placement en établissement correspond à la prise en charge, en dehors de son domicile familial, d’un mineur pour une durée donnée. Tant dans ses objectifs que dans ses modalités de mise en œuvre, cette action sociale possède une dimension spatiale forte. Elle est en effet fondée sur l’articulation entre distance et proximité aux espaces familiers d’un côté, et discontinuité et continuité entre l’intérieur et l’extérieur de l’établissement de l’autre. Dans ce contexte, les déplacements des adolescents et leur mobilité jouent des rôles à trois niveaux. Pour les adolescents, pour qui le foyer correspond à un espace de résidence, se déplacer permet d’articuler des espaces d’attachements multiples. La mobilité a également un rôle d’ajustement entre les différents individus présents au sein de l’établissement, qui intervient dans l’usage qu’en font les éducateurs, pour qui le foyer est un espace de travail. Enfin, qu’elle soit autonome ou contrainte, la mobilité, au niveau institutionnel, permet la régulation entre différents systèmes de normes mais n’apparaît pas comme une valeur en soi.

  • Titre traduit

    The mobility of teenagers placed in institutional foster care in the Rhône department : space, an issue of social care


  • Résumé

    This thesis questions the role of mobility and how teenagers placed in institutional foster care move around, through a research conducted in four social care facilities (Maisons d’Enfants à Caractère Social). Within the French child protection system (Aide Sociale à l’Enfance and Protection Judiciaire de la Jeunesse), this form of placement means that a minor is taken care of outside of her/his family home during a given period of time. This type of social care presents a significant spatial dimension, both in its objectives and ways of implementation. It is indeed based on two principles: it seeks to manage both distance and proximity to familiar spaces on the one hand, and the discontinuity and continuity between the inside and the outside of the facility on the other hand. Within this context, how teenagers move around and their mobility play a three-layered role. First, for the teenagers themselves: the foster care facility is their space of residence, and moving around makes it possible for them to deal with multiple spaces of belonging. Second, for the social workers: the facility is their working space, and they use mobility as a means to both handle relationships between themselves and the teenagers, and adjust the number of teenagers they work with based on group dynamics and other parameters. Third, at an institutional level: whether it is chosen or coerced, mobility allows the regulation between different norm systems but is not perceived as being valuable in and of itself.

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