Odeurs et représentations sociales : sentir en société

par Blandine Cerisier

Thèse de doctorat en Psychologie

Sous la direction de Valérie Haas et de Nikos Kalampalikis.

Soutenue le 20-11-2015

à Lyon 2 , dans le cadre de École doctorale Sciences de l'éducation, psychologie, information et communication (Lyon) , en partenariat avec Laboratoire GRePS (EA 4163) (équipe de recherche) .

Le président du jury était Ewa Drozda-Senkowska.

Le jury était composé de Valérie Haas, Nikos Kalampalikis.

Les rapporteurs étaient Adrian Bangerter, Isabel Urdapilleta.


  • Résumé

    Cette thèse a pour objectif l’exploration de la dimension sociale des odeurs. Les travaux déjà menés en sciences humaines et sociales montrent que le rapport que les individus et les groupes entretiennent avec les odeurs leur permet de se situer et d’être situés dans un contexte donné. L’intérêt porté à l’ancrage de cet objet sensoriel dans la vie affective des groupes ainsi qu’à sa matérialisation notamment au travers des processus de communication nous conduit à traiter la diversité des connaissances qui en résulte à l’aune de l’approche des représentations sociales. Nous interrogeons les dynamiques inhérentes aux représentations sociales que les groupes ont des odeurs tout autant que les effets que ces dernières ont sur les pratiques et sur les relations sociales. Les liens réciproques existant entre le « senti » d’une part, le « nommé », le « classé » et le « représenté » d’autre part sont ainsi mis à l’étude. Notre plan de recherche se centre sur la conduite de treize focus groups (N=63). Dans ce cadre, nous avons répliqué la technique de la reproduction sérielle (Bartlett, 1932) avec des matériaux odorants. Les groupes ont également collectivement partagé plusieurs expériences olfactives. Enfin, ils ont débattu de leurs rapports aux « odeurs en société ». Les résultats montrent que les groupes reconnaissent et reconstruisent l’odeur par le biais d’une centration collective sur ses sources potentielles. Celles-ci activent à leur tour des attributions, des contextes, et des souvenirs prenant la forme d’un réseau de représentations jugé pertinent par les groupes pour matérialiser l’objet sensoriel. Aussi, une logique de l’ambiguïté caractérise les relations des groupes aux « odeurs sociales ». Ils entretiennent une pluralité de proximités et d’implications à leur encontre, dépendamment des points de perspectives à partir desquels ils se situent. Notre recherche souligne également la négociation collective dont font l’objet les phénomènes représentatifs associés aux odeurs. Elle rend compte des différents visages de ces phénomènes en lien avec les significations qu’ils ont pour les groupes. En s’inscrivant dans la continuité des études menées sur la pensée sociale, cette thèse apporte de nouvelles réflexions s’agissant de l’étude conjointe du social et du sensible.

  • Titre traduit

    Odours and social representations : smelling in society


  • Résumé

    The present thesis aims to explore the social dimension of odours. Past literature in the field of social and human sciences demonstrated that the relation individuals and groups engage in with odours allow them to self-situate and be situated in a specific context. This work focuses on the diversity of knowledge resulting from the anchoring of this sensorial object in the affective life of groups, as well as from its materialization through the communication processes, with a social representation approach. We investigate the dynamics of groups’ social representations concerning odours, as well as the effects that these have on social practices and relations. The reciprocal connections between the « perceived » on one hand, and the « named », « classed » and « represented » on the other hand are thus central to this study. Thirteen focus groups (N=63) have been carried out for this research, using the technique of serial reproduction (Bartlett, 1932) with odorous stimuli. The groups also shared several olfactory experiences. In the end, participants discussed about their relation to the « odours in society ». Results show that the groups recognized and reconstructed an odour by collectively focusing on its potential sources. These sources activated attributions, contexts and memories structured in a network of representations considered pertinent by the groups to materialise the sensorial object. Moreover, the relations of participants with « social odours » are characterised by an ambiguity. This aspect is indeed defined by a plurality of proximities and implications that the groups have when relating to « social odours », depending on the perspective they adopt when encountering them. The present research highlights the collective negotiation of the representational phenomena associated to odours, and explains the plurality of facets of these phenomena depending on the meaning they have for the groups. In continuity with past studies on social thinking, this manuscript offers new insights concerning the joint study of the social and the sensorial and sensitive.

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