La douleur, un affect du traumatique : étude des processus algiques, antalgiques et transférentiels dans la clinique des pathologies douloureuses de l'appareil locomoteur

par Bernard Duplan

Thèse de doctorat en Psychologie

Sous la direction de René Roussillon.

Le président du jury était Anne Brun.

Le jury était composé de René Roussillon, François Mauguière.

Les rapporteurs étaient Anne Aubert-Godard, Anne-Françoise Allaz.


  • Résumé

    La recherche relatée dans cette thèse est centrée sur la douleur, et spécifiquement la douleur chronique, en tant qu’affectation. Exprimée avec peine ou confusion par des patients souffrant de leur appareil locomoteur et pénalisés dans leur locomotion, il apparaît qu’elle inclut toujours leur vie relationnelle et leur intimité. Après une exploration du phénomène douleur à la lumière des sciences humaines, qui mettent en évidence sa dépendance aux représentations et aux croyances, puis avec l’éclairage des sciences de la vie, et en particulier des neurosciences, une attention spéciale est portée à la connaissance du sujet douloureux, rendue possible par la pratique psychanalytique. Sigmund Freud, depuis ses découvertes de neurologue sur la douleur et jusqu’à ses derniers écrits qui reflètent sa propre expérience, est pris pour guide, avant que ne soient examinées les positions de ses disciples qui ont prolongé son enseignement, les « psychosomaticiens » notamment. Dans le contexte d’une consultation et d’un service hospitalier dédiés à la douleur, par l’écoute de cinq patients reçus pour un premier entretien et deux suivis sur une durée dépassant dix ans, la connaissance de l’affect est rendue possible par son « partage ». D’abord reconnu à des traits posturaux, comportementaux, langagiers, et naturellement dans les dires de ces patients, l’affect douleur s’expérimente dans la relation transféro-contretransférentielle qui s’établit. Celle-ci existe tout autant dans le tête-à-tête des consultations de la douleur que lors des hospitalisations, dans la relation que le patient établit avec le dispositif de soins qui l’accueille, dans le cadre considéré à la fois comme institution, comme équipe de personnes compétentes et dans une temporalité propre au patient. Personnels infirmiers, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, techniciens thermaux vivent en continu avec les patients cette circularité relationnelle, à laquelle il faut veiller soigneusement. Il ressort de cette recherche que la douleur ne peut pas être considérée uniquement comme un symptôme à valeur déficitaire. Elle apparaît à la fois comme une sensorialité protectrice, suscitant le lien, avec des difficultés d’autant plus grandes qu’il existe une problématique narcissique identitaire sous-jacente. Le traumatisme repéré comme point initial de la douleur, apparaît généralement comme une réplique de faits antérieurs refoulés ou déniés. La douleur apparaît aussi comme une tentative de symbolisation d’un affect sensoriel dont le brin somatique est prédominant. L’enjeu des soins étant de favoriser la recomposition de cet affect par des soins symbolisants.

  • Titre traduit

    Pain as an affect of trauma : a study of algic, antalgic and tranference processes in a clinical survey of chronic pain in locomotor apparatus pathology


  • Résumé

    The research to be read in this thesis, is refered to pain, especially chronical pain, as an affect. When patients concerned with backache or locomotor disorders express their pain, they always refer to parts of their social and inner life.After a large survey of the pain phenomenon in the light of anthropology and history which emphasizes a dependance to representations and creeds, and then with the results of biology, medecine and neurosciences, a particular attention is paid to the knowledge of the patient as a subject, enabbled by the practice of psychoanalysis.S. Freud, from his first discoveries about pain as a neurologist, until his last writings reflecting his own experience, is taken as a guide, then the disciples are studied, particularly « psychosomatic medecine » followers. Studying the cases of five patients consulting for the first time in a pain unit, and the cases of two persons with more than ten years follow up in the same hospital, leads to know the affect of their pain, after a genuine sharing of it. First recognized in posture, behaviours, ways of speaking, and indeed in the very words of the patients, the affect of pain is experienced as transference-countertransference. This, both in the consulting head to head and in long run hospitalization, when the patient connects himself with the care device, conceived as the whole institution and as the staff of persons competent for his treatment, according to his proper life rhythm. The nurses, physiotherapists, occupational therapists, thermal agents act this large cycle of communication that needs to be ruled carefully.This research leads to avoid considering pain exclusively as a deficital sign of. Pain appears mostly as protective sensoriality and appeal to relationship ; obviously a narcissistic problem would stress its weight ;The trauma, ordinarily considered as the initial point of pain, appears as a retort of previous facts, repressed or denied. Pain also appears as an attempt to symbolise a mainly somatic sensorial affect. The therapists’ challenge is to support the affect reconstruction with symbolizing cares.

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