Mobilité et accidentalité routière chez les adolescents

par Eliette Randriantovomanana

Thèse de doctorat en Sociologie et anthropologie

Sous la direction de Jean-Claude Rabier.

Le président du jury était Dominique Aimé Mignot.

Le jury était composé de Dominique Duprez, Mouloud Haddak.

Les rapporteurs étaient Jean-Bernard Ouedraogo.


  • Résumé

    Les recherches sociologiques portant sur l’analyse des liens entre l’appartenance socio-territoriale et le risque routier demeurent minimes. Si les travaux épidémiologiques dans ce domaine sont plus nombreux et concluent pour l’essentiel, à l’existence d’inégalités sociales et territoriales de mobilité et d’accidentalité routière, les logiques afférentes restent pourtant méconnues. Dans quelle mesure la situation sociale et territoriale d’un individu influe-t-elle sur sa mobilité et son accidentalité routière ? Pourquoi les groupes défavorisés auraient-ils plus d’accidents de la route que les plus favorisés ? Ces questionnements constituent le point de départ de notre recherche. En choisissant de nous intéresser aux cas des adolescents, notre problématique ne se réduit plus à celle des inégalités sociales et territoriales de mobilité et d’accidentalité routière. Désormais, elle tient compte également des spécificités de l’adolescence en tant que période pendant laquelle l’aspiration à l’autonomie est forte, les prises de risque récurrentes, et l’influence des pairs non négligeable. Nous avons entreprise notre recherche auprès d’adolescents issus de six collèges rhodaniens aux profils contrastés (publics/privés, en milieu urbain/ en banlieue/en milieu rural). Plus de 1000 adolescents ont participé à une enquête par questionnaire et près de 200 d’entre eux ont participé à des focus-group. En alliant méthode quantitative et méthode qualitative, nous montrons que la mobilité et l’accidentalité routière des adolescents ne sont pas réductibles à leur appartenance sociale et territoriale. La thèse que nous défendons est la suivante : « en matière de mobilité et de sécurité routière, les inégalités ou disparités sociales et territoriales peuvent être doublées, voire gommées par l’effet du groupe d’âge et par l’autonomie décisionnelle de l’adolescent ». Par-delà les inégalités de motorisation selon la situation sociale et territoriale, les comportements routiers sont moins liés à l’appartenance socio-territoriale qu’à la volonté de l’adolescent de rendre son comportement raisonnable selon les circonstances du trajet. Les milieux défavorisés renferment certes les plus fortes proportions d’adolescents ayant des comportements routiers à risque mais lorsque les adolescents sont avec leurs pairs, tous – quelle que soit leur appartenance sociale – adoptent davantage des comportements contraires aux normes officielles de sécurité routière. Chez les adolescents, l’appartenance sociale et territoriale n’influe pas sur le risque d’accident de la route : ce sont surtout l’usage du deux-roues motorisé et l’expérience de l’ivresse qui augmentent le risque d’accident.

  • Titre traduit

    Mobility and road accidents among teenagers


  • Résumé

    Sociological research on the links between socio-territorial belonging and road risk remain minimal. If the epidemiological studies in this field are more numerous and essentially conclude the existence of social and territorial inequalities of mobility and road accidents, logics related remain yet unknown. To what extent the socio-territorial belonging of an individual does affect his mobility and his road accidents? Why disadvantages groups would they have more road traffic accidents than more advantages groups ? These questions were the starting point of our research. By choosing to focus on the case of teenagers, our problem cannot be restricted to social and territorial inequalities. It now also takes into account the specificities of adolescence as a period during which the aspiration for autonomy is strong, the risk taking recurrent, and the peers’ influence significant. We conducted our research with teenagers from six Rhone “colleges” with contrasting profiles (public/private, urban area/suburban/rural). More than 1000 teenagers participated in a questionnaire survey and about 200 of them participated in focus-groups.By combining quantitative method with qualitative method we show that teenagers’ mobility and road accident are not reducible to their social and territorial belonging. The thesis we defend is the following: “in terms of mobility and road safety, social and territorial inequalities and disparities can be doubled, even erased by the effect of the age group and by the decision making autonomy of the teenager”. Beyond the inequalities of motorization according to the social and territorial situation, the road behaviors are less linked to socio-territorial belonging to the will of the teenager to make its behavior reasonable under the circumstances of the journey. Underprivileged backgrounds certainly contain the highest proportions of adolescents with risky road behaviors but when teens are with their peers, everyone – regardless of their social belonging – more adopt behaviors contrary to the official road safety standards. Among teenagers, the social and territorial belonging does not influence the risk of road accident : it is primarily the use of motorized two-wheelers and the experience of drunkenness that increase the risk of accident.

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