L’oblique dans le monde grec : concept et imagerie

par Thibault Girard

Thèse de doctorat en Langues, histoire et civilisations des mondes anciens

Sous la direction de Jean-Marc Moret.

Le président du jury était Jean-Luc Lamboley.

Les rapporteurs étaient Gilles Sauron, Adolf Heinrich Borbein.


  • Résumé

    Quoi de plus inné que les concepts d’oblique, d’horizontal ou de vertical ? Pour nous, moderne, ces concepts fondamentaux sont la base de tout notre système de pensée, tant mathématique qu’artistique. Tout porterait à croire que ces principes soient présents dans la civilisation grecque, dont nous nous réclamons les héritiers. Ce n’est pourtant pas une évidence au vu des textes qui nous ont été rapportés. Homère n’a pas connu le concept d’oblique – aucun mot ne saurait le traduire dans la langue de son époque. Et même plus tard. Les Grecs ont cinq adjectifs pour signifier approximativement l’oblique : λοξός, πλάγιος, λέχριος, σκολιός et δόχμιος. Chaque discipline (cosmologie, optique, géographie, artistique, etc.) a sa façon d’appréhender ces cinq termes, qui ne recouvrent à chaque fois que partiellement notre notion d’oblique. Paradoxalement, ce que le langage écrit n’a pas synthétisé se retrouve en abondance dans l’imagerie. Plus surprenant encore, l’oblique dans l’image, que nous considérons comme signe du mouvement dans notre langage iconographique, se retrouve aussi bien pour signifier le mouvement que le repos. Deux monuments de l’art grec attirent notre attention sur ce nouveau paradoxe : la frise du Mausolée d’Halicarnasse et l’Athéna Pensive. A chaque fois l’oblique est présente, à chaque fois elle porte deux sens bien distincts. Ces deux formes de langage, écrit et imagé, apportent un éclairage différent, et pour le moins complémentaire, sur la façon dont les Grecs de l’Antiquité ont appréhendé (ou non) le concept d’oblique.

  • Titre traduit

    Oblique in greek world : concept and imagery


  • Résumé

    What could be more innate than the concepts of oblique, horizontal or vertical ? For us, modern, these three concepts are the basis of our whole system of thought, both mathematical and artistic. It would appear to be obvious that these principles are present in the Greek civilization, whose we claim the heirs. However that isn't so obvious in view of the texts that have survived. Homer didn’t know the concept of oblique - no words can translate it into the language of his time. And even later. The Greeks have five adjectives to mean approximately oblique : λοξός, πλάγιος, λέχριος, σκολιός and δόχμιος. Each discipline (cosmology, optic, geography, art, etc.) has its own way of looking at these five words, which cover partially our notion of oblique. Paradoxically, what the written language has not synthesized, can be found in many images. Even more surprising, the oblique in the image, which we consider as a sign of movement in our iconographic language, is found both here to signify the movement than the rest. Two monuments of Greek art call our attention to this new paradox : the frieze of the Mausoleum of Halicarnassus and the Mourning Athena. In each of them the oblique ligne is present, and wears two distinct senses. These two forms of language, written and pictorial, bring a different perspective, furthermore complementary, on how the ancient Greeks apprehended (or not) the concept of oblique.

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