La Religion comme thème littéraire : la question du jeu dans les mystères d’Adonis, de la Mère, de Glycon (Plutarque-Lucien-Philostrate)

par Raphaël Martin Diégane Wade

Thèse de doctorat en Langues, littératures et civilisations

Sous la direction de Bernadette Puech et de Emmanuelle Jouët-Pastré.

Le président du jury était Agnès Bastit.

Les rapporteurs étaient Silvia Milanezi, Jean-Luc Vix.


  • Résumé

    Cette étude a porté principalement sur deux traités de Plutarque, le De Iside et les Questions romaines, sur La Déesse syrienne de Lucien et son pamphlet Alexandre ou le faux prophète, enfin sur La Vie d’Apollonios de Tyane de Philostrate. Elle questionne le sens philosophique, euristique et rhétorique de l’utilisation des mystères antiques dans ces textes littéraires d’époque impériale. Sont concernés les mystères d’Adonis, de la Déesse-Mère et de Glycon. La première partie, qui se focalise sur les Adonies, tente de démontrer que Philostrate, dans la Vie d’Apollonius, 7.32, non seulement renoue avec les sarcasmes d’Aristophane – et de ses héritiers – sur le culte, mais encore, utilise l’interprétation platonicienne sur les jardins d’Adonis, pour expliquer le sens qu’il donne au règne de Domitien. La lecture platonicienne de ce rituel semble du reste être l’une des raisons du silence de Plutarque sur Adonis dans le De Iside. De fait, la théologie philosophique déployée dans le texte nous paraît incompatible avec les pratiques grecques ou sémitiques en l’honneur de l’Amant d’Aphrodite-Astarté. La deuxième partie ensuite examine l’utilisation de la notion de ‘déesse mère’. D’une part, nous avons tenté de démontrer que la notion permet de prendre en considération d’abord la maternité d’Isis, ensuite la représentation d’Apollonios en Anti-Attis, enfin la déformation caricaturale du portrait d’Alexandre, le faux prophète. D’autre part, la fonction euristique de la notion, qui apparaît dans ces exemples, semble développée aussi dans le contexte mystérique de La Déesse syrienne. Lucien en effet interroge le culte du pays natal par la langue et la culture de son pays d’adoption. Pendant qu’il affirme sa grécité, il (re)devient pleinement ce qu’il n’a jamais cessé d’être : un Assyrien. L’enquête sur le culte de Glycon enfin, dans la troisième partie, propose une autre lecture de l’Alexandre ou le faux prophète. Les mythes et les mystères traditionnels y sont peut-être utilisés dans un but rhétorique. La rhétorique de Lucien semble proposer au lecteur une sorte de mythologie de Glycon-Alexandre. Cette mythologie que nous avons essayé de déterminer, suivant la tradition des mystères (presque toujours associés à une mythologie), contribue à rendre la caricature d’Alexandre plus efficace.

  • Titre traduit

    Religion as a literary theme : the game's question in the mysteries of Adonis, the Goddess Mother and Glyco (Plutarch-Lucian-Philostratus)


  • Résumé

    This study focuses mainly on two treaties of Plutarch, the De Iside and the Roman Questions, on the Lucian’ Syrian Goddess and his lampoon Alexander or the false prophet, at last on Philostratus’ Life of Apollonios of Tyana. It questions the philosophical, euristic and rhetoric meaning of the ancient mysteries’ use in these literary texts of imperial period. Are concerned the mysteries of Adonis, the Goddess Mother and Glyco. The first part, which is focused on the Adonia, tries to show that Philostratus, in The Life of Apollonius 7. 32, not only revives Aristophanus’s sarcastic remarks (and its heirs) on the worship, but also uses the Platonic interpretation on the gardens of Adonis, in order to explain the meaning he gives to Domitian’s reign. The Platonic reading of this ritual seems moreover to be one of the reasons of Plutarch’s silence on Adonis in the De Iside. In fact, the philosophical theology developed in the text appears inconsistent to us with the Greek or Semitic practices in honour of the Lover of Aphrodite-Astarte. The second part furthermore examines the use of ‘the goddess mother’. On the one hand, we tried to show that the concept allows to consider the maternity of Isis, then the representation of Apollonius into Anti-Attis, at last the caricatural deformation of Alexander’s portrait, the false prophet. On the other hand, the euristic function of the concept, which appears in these examples, seems developed also in the mysteric context of The syrian goddess. Lucian indeed examines the religion of the native land by the language and the culture of his adopted country. While he proclaims his Greekness, he became fully what he never ceased to be : an Assyrian. The investigation into the worship of Glyco, in the third part at last, offers another interpretation of Alexander or the false prophet. Perhaps, the traditional myths and mysteries are used there in a rhetorical purpose. Lucian’s rhetoric seems to present to the reader a sort of Glyco-Alexander’s mythology. This mythology we tried to define, according to the tradition of the mysteries (almost always related to a mythology), helps to make the caricature of Alexander more effective.

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