Cinéma et expérience totalitaire : le laboratoire du genre du film de guerre dans l'Italie fasciste (1935-1943)
| Auteur / Autrice : | Marie-France Courriol |
| Direction : | Giorgio Passerone, Robert S. C. Gordon |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Langues et littérature romanes |
| Date : | Soutenance le 10/12/2015 |
| Etablissement(s) : | Lille 3 en cotutelle avec University of Cambridge |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences de l'homme et de la société (Lille ; 2006-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre d'études en civilisations, langues et lettres étrangères (Villeneuve-d'Ascq, Nord ; 2006-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Leonardo Casalino |
| Examinateurs / Examinatrices : Giorgio Passerone, Robert S. C. Gordon, Leonardo Casalino, Stephen Gundle, Silvia Contarini | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Stephen Gundle, Silvia Contarini | |
| DOI : | 10.70675/b4d550ccz0a21z45c8z8008zed96f5d25161 |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Mots clés libres
Résumé
Cette thèse analyse les films de guerre de fiction produits dans l’Italie fasciste de 1935 à 1943, de la Guerre d’Ethiopie à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle démontre que le genre de guerre fonctionne comme un laboratoire pour l’entreprise de révolution anthropologique de l’Italie, inhérente à l’expérience totalitaire fasciste. Ce modèle cinématographique et social est en effet célébré comme devant s’étendre à l’ensemble du monde cinématographique italien, et ses caractéristiques à l’écran sont censées fournir l’image d’une société fasciste idéale.Après avoir analysé la mise en place du film de guerre italien dans ses discours, ses institutions et ses circulations internationales, ce travail examine les réponses de la production cinématographique. Il se clôt sur la perception du genre de guerre, ses spectateurs, sa réception et sa publicité. Il montre que les films de guerre de la période forment un lieu où coexistent de nombreux objectifs servant des groupes variés. Reposant en grande partie sur des archives d’Etat et de cinéastes, ce travail se concentre sur des études de cas de producteurs (Scalera, Bassoli Film), de réalisateurs (Goffredo Alessandrini, Mario Camerini, Francesco De Robertis, Augusto Genina, Romolo Marcellini, Roberto Rossellini), de scénaristes (Asvero Gravelli, Gian Gaspare Napolitano) et de réception de films particuliers. Cette étude des réponses multiples aux demandes d’un système totalitaire en formation dans le champ cinématographique entend contribuer au débat historiographique sur l’adhésion populaire au fascisme, en en élargissant les paramètres. En outre, bien que le genre joue un rôle central dans le développement de l’industrie cinématographique nationale, ce travail démontre cependant la nécessité d’interpréter ces films en termes transnationaux et non comme simples produits politiques et nationaux.