L'art de traduire : enjeux philosophiques, éthiques et politiques de la traduction, à partir de la critique formulée par les Romantiques allemands à l'encontre des traductions françaises.

par François Thomas

Thèse de doctorat en Philosophie (métaphysique, épistémologie, esthétique)

Sous la direction de Christian Berner et de Jean-Charles Darmon.

Le président du jury était Denis Kambouchner.

Le jury était composé de Christian Berner, Jean-Charles Darmon, Denis Kambouchner, Marc Crépon, Michel Espagne, Michael N. Forster.

Les rapporteurs étaient Denis Kambouchner, Marc Crépon.


  • Résumé

    Cette recherche a pour point de départ l’important mouvement de traduction en Allemagne au tournant du XIXe siècle, et la critique par les penseurs allemands de la manière dont les Français traduisaient. Ceux-­‐ci se voient reprocher leur tendance à toujours traduire comme si l’auteur était français, refusant l’épreuve de l’étranger (Berman) que constitue la traduction. Ce conflit est philosophiquement problématisé en 1813 par F. Schleiermacher, qui montre que derrière ces approches du traduire s’affrontent des conceptions de la rationalité, du rapport de la pensée au langage, et de la subjectivité, mais aussi des conceptions de la culture, de la nation, et du rapport à l’étranger. À la lumière de ces analyses, nous réinterrogeons les conceptions de la traduction en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, où domine la pratique des « belles infidèles ». Nous nous intéressons aux soubassements théoriques de ces conceptions, ce qui conduit à accorder une attention particulière aux réflexions sur le langage menées à Port-Royal, et à la réflexion de Voltaire sur l’histoire. Nous étudions la question de la traduction de la philosophie en français à cette époque. Parallèlement, l’étude des premières traductions de Shakespeare en France et en Allemagne (Voltaire/Herder, Schlegel) montre comment se nouent réflexions sur la littérature, l’histoire, la pluralité des cultures – sur fond de volonté de s’émanciper, du côté allemand, de la domination culturelle française, et de remise en question de la pensée des Lumières. Revenant enfin sur les réflexions de Schleiermacher, nous étudions en quel sens elles définissent une éthique de la traduction et l’éthique à partir de la traduction, autour du concept d’hospitalité.En mettant en lumière la richesse des conceptions autour de la traduction en France aux siècles classiques, ce travail vise à redonner un intérêt à leur étude d’un point de vue philosophique, et en revenant sur cette critique allemande, à éclairer l’origine de réflexions contemporaines majeures sur la traduction et ses enjeux.

  • Titre traduit

    The art of translation : philosophical, ethical, and political translation issues from the historical context of the German Romantics’criticism against the French practice of translation in the 17th and 18th century


  • Résumé

    The investigation's starting point is the significant German translation's movement from the begining of the 19th century and the German thinkers criticism against the French practice of translation. The Germans reproach the French to translate a foreign work as if the author was french, thus refusing the very principle of translation, that is to confront to the Otherness (Berman). In 1813, F. Schleiermacher points the philosophical issues raised by the conflict opposing these two different approaches of translation, revealing that not only does such a conflict mirror the opposition between different ways of conceiving rationality, the relationship between language and thought, subjectivity, but also different ways of conceiving culture, nation, and the relationship to the Other and to foreignness. In the light of such analysis, we question the ways of conceiving translation in France in the 17th and 18th century, in which the practice of the "belles infidèles" prevails. We examine the theoretical groundings of these conceptions of translation, which leads to focus especially on the language studies conducted in Port-Royal and Voltaire's consideration about history. We study the issue raised by the French translation of philosophical work at the time. The confrontation of Shakespeare's first translations in France and in Germany (Voltaire/Herder, Schlegel) shows how a reflection on literature, history and cultural plurality builds up while at the same time, the Germans wish to emancipate from the French cultural domination and question the Enlightenment. We finally come back to Schleiermacher's thought to study in which way it contributes to define both an ethics of translation and an ethics based on translation, refering to the concept oh hospitality. By highlighting the depth and richness of thought surrounding translation in France in the 17the and 18th century, this work's aim is to restore an interest for studying its notions from a philosophical perspective. Furthermore, by going back to this German critique, this work is also concerned with shedding light on the origins of major conteporary thinking over translation and the issues at stake.


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