Responsabilité sociale des entreprises et capitalisme en république populaire de Chine : quelles transformations du rapport salarial ?

par Clément Séhier

Thèse de doctorat en Sciences économiques

Sous la direction de Richard Sobel et de Bruno Boidin.


  • Résumé

    Cette thèse interroge le rôle de la responsabilité sociale des entreprises (RSE) dans l’évolution des conditions de travail et, plus largement, dans la dynamique de la forme du rapport salarial dans l’industrie chinoise exportatrice. La RSE est appréhendée dans une perspective institutionnaliste et replacée dans le contexte de transition de la Chine vers un système capitaliste. Depuis les années 2000, le durcissement des luttes sociales dans l’industrie incite les pouvoirs publics à élaborer des institutions plus protectrices des travailleurs. La RSE peut ainsi être appréhendée dans le prolongement de l’objectif gouvernemental de construction d’un compromis social plus favorable aux travailleurs. Nous dégageons trois types d’approches de la RSE. Chaque idéal-type est par la suite examiné au prisme d’un modèle d’analyse en termes de "potentiel régulatoire", visant à étudier la capacité de normes privées à influer sur les règles au sein des entreprises, et plus largement sur les institutions du rapport salarial. Nous montrons que l’approche "mise en conformité", la plus répandue dans l’industrie chinoise, a très largement échoué à modifier les comportements et tend à reproduire la domination des firmes multinationales dans les chaînes globales de valeur. Deux types de dispositifs moins répandus s’insèrent davantage dans les problématiques rencontrées par les acteurs. L’approche "experte" associe l’amélioration des conditions de travail à l’optimisation de l’organisation productive. Enfin, des "ONG" de défense des travailleurs du sud de la Chine et de Hong Kong développent des dispositifs de RSE « participative », visant à établir des mécanismes de négociation collective dans les ateliers.

  • Titre traduit

    Corporate social responsibility and capitalism in the people’s republic of China : What transformations of the wage-labour nexus ?


  • Résumé

    This thesis questions the role of Corporate Social Responsibility (CSR) in the evolution of working conditions and, more broadly, in the transformation of the wage-labour nexus in the Chinese industry relying massively on cheap workforce. We use an institutionalist framework to put CSR in the Chinese context of transition from a socialist to a capitalist system, showing that during the last decade, rising pressure from Chinese workers has convinced the Chinese government that institutions more protective of workers should be created. We differentiate three approaches to CSR, based on the intentions of the actors and on the instruments implemented. We examine the capacity of each approach to influence labour relations within the factories, and more broadly, to contribute to the construction of a new social compromise. We show that the "compliance" approach, the most widespread in the Chinese industry, has largely failed to improve working conditions, and tends instead to reproduce the buying practices of multinational corporations in global value chains. We are also interested in two types of instruments that are less common, but closer to the concerns of the Chinese industry. The "expertise" approach developed by consulting companies, but also by the government and by the International Labour Office, combines the objective of improving working conditions to the optimisation of production. Finally, some labour "NGOs" from Hong Kong and the Guangdong province are developing programs of "participatory" CSR, aiming at establishing collective bargaining mechanisms within factories, thus bypassing some of the political obstacles to their activities.


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