Socialités, prestige et jeux de soi chez des jeunes danseurs urbains (Île-de-France)

par Laura Steil

Thèse de doctorat en Anthropologie

Sous la direction de Anne-Marie Losonczy.

Soutenue le 07-10-2015

à Paris, EPHE , dans le cadre de École doctorale de l'École pratique des hautes études (Paris) , en partenariat avec Groupe Sociétés, Religions, Laïcités (Paris) (équipe de recherche) .

Le président du jury était Michael Houseman.

Le jury était composé de Anne-Marie Losonczy, Michael Houseman, Jean-Michel Beaudet, Byron Dueck, Virginie Milliot.

Les rapporteurs étaient Jean-Michel Beaudet, Byron Dueck.


  • Résumé

    Les jeunes, et en particulier ceux qui sont marginalisés, investissent un temps et une énergie considérable dans la construction de leur statut et de leur estime auprès de leurs pairs, ainsi que dans la société plus large. Cette thèse explore les pratiques sociales par lesquelles des jeunes Français noirs, d’origine africaine et antillaise, construisent leur identité ethnique, raciale et genrée, tout en gagnant et négociant leur pouvoir et leur prestige. Examinant la culture populaire noire dans des contextes publics, privés et « virtuels », cette thèse se concentre sur les sociabilités musicales de la scène afro, telles qu’elles émergent dans des boîtes de nuit, des maisons de jeunes, des centres commerciaux, des sites de réseaux sociaux, des maisons et des rues de la région parisienne. Les pratiques sociales et les formes d’interaction de ces jeunes attestent non seulement de leur adaptabilité et leur ingéniosité, mais de leur capacité à se voir du point de vue d’un autre. Cette compétence interpersonnelle sophistiquée est illustrée dans leur habilité à puiser dans, et à alterner entre, une multiplicité des ressources culturelles et de styles comportementaux. C’est au moyen de pratiques sociales telles que le bluff, la frime et le commérage que les jeunes Noirs, tentant de concilier leurs ambitions individuelles avec les contraintes d’une vie relationnelle particulièrement intense, acquièrent et négocient leur statut social.

  • Titre traduit

    Socialities, prestige and fashioning the self among young urban dancers (Île-de-France)


  • Résumé

    This dissertation investigates the social practices whereby French young people of African and Caribbean background, both construct distinctive ethnic, racial and gendered identities, and acquire and negotiate power and prestige, in a context of unacknowledged structural racism. These young people often invest considerable time and energy in building status and esteem for themselves, among their peers and in society at large. Examining contemporary Black popular culture in public, private, and “virtual” settings, this dissertation focuses on the musical sociabilities of the afro scene, as they emerge in nightclubs, youth clubs, shopping malls, social media sites, homes and streets in the Paris region. The social practices and patterns of interaction of these young people attest not only to their versatility and ingenuity, but more importantly, to their ability to see themselves from another’s point of view. This refined interpersonal competence is made manifest through their capacity to draw from, and switch between, a multiplicity of cultural resources and behavioral styles. It is by means of social practices such as bluffing, flaunting or gossiping that young Black people, aiming to reconcile their individual ambitions with the constraints of a particularly intense relational life, acquire and negotiate personal standing.



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