Dans l’antre des nymphes : études sur les rapports entre la pensée magique de Marsile Ficin et les premières théories de l’art à Florence au XVe siècle

par Ana Debenedetti

Thèse de doctorat en Histoire de l'art

Sous la direction de Michel Hochmann.

Soutenue le 10-01-2015

à Paris, EPHE , dans le cadre de École doctorale de l'École pratique des hautes études (Paris) , en partenariat avec Savoirs et Pratiques du Moyen Âge au XIXe siècle (Paris) (équipe de recherche) .


  • Résumé

    Au XVe siècle, le philosophe florentin Marsile Ficin (1433-1499) rédige un texte singulier intitulé De vita coelitus comparanda ou « comment obtenir la vie du ciel » qui deviendra le troisième et dernier livre d’un ouvrage médical de plus large envergure, le De vita libri tres, consacré à conserver et à prolonger la santé des hommes de lettres accablés sous le poids de l’étude. Ce texte est tout entier consacré au pouvoir apotropaïque et prophylactique du talisman ou « image astrologique », une notion savante qui apparaît en Occident au milieu du XIIIe siècle, et insiste tout particulièrement sur la matérialité, la forme et l’apparence de ces images. Ainsi Ficin développe-t-il un discours original par rapport à la tradition en se concentrant sur le processus de fabrication, discours qui n’est pas sans rappeler les premières théories de l’art qui apparaissent à la même époque à Florence. Ficin réhabilite la figure du mage antique dans le cadre d’une réflexion plus vaste qui met en exergue le pouvoir créateur de l’homme en tant que savant, humaniste et philosophe. Si le postulat d’une influence tardive du néoplatonisme ficinien sur la littérature artistique du XVIe siècle a donné lieu à de nombreuses études, il apparaît en revanche que les rapports que Ficin était susceptible d’entretenir avec le monde des artistes, et surtout des artistes-théoriciens du XVe siècle, demeure un terrain relativement peu exploré. Tout l’enjeu de notre travail se situe donc dans la triple interrogation que ce concours de circonstances soulève : quel rôle jouent au sein de la pensée magique de Ficin les allusions à l’art et à sa pratique qui traversent l'ensemble de son œuvre? dans quelle mesure la notion d’«image astrologique» qu’il reprend et développe s’est-elle nourrie de la nouvelle littérature artistique alors en pleine formation? et enfin, comment peut-on affirmer que certaines œuvres typiques du Quattrocento florentin relèvent d’un caractère « mixte » oscillant entre le produit de l’art à proprement parler et l’objet magique?

  • Titre traduit

    In the cave of the nymphs : studies on the links between Marsilio Ficino's magic thought and art theory in fifteenth-century Florence


  • Résumé

    In fifteenth-century Florence, the philosopher Marsilio Ficino (1433-1499) wrote the De vita coelitus comparanda, i.e. “how to capture life from the heavens”, which would later form the last and third book of a larger volume titled De vita libri tres. The latter exposes the means to preserve the health and extend the life of man of letters afflicted by their intense studies. The former deals with the apotropaic and prophylactic power of the talismans also called “astrological images”, following a learned concept which appeared in Western Europe in the mid-thirteenth century, and focuses on the materiality, form and appearance of these images. Ficino hence develops a new reflexion that focuses on the process of making which seems to echo new artistic theories devised during the same period in Florence. Ficino redeems the figure of the ancient magus by enhancing man’s creative power and his status as a philosopher and a humanist. The assumption of a late influence of Ficino’s neoplatonic thought on the arts in the sixteenth century has led to several studies but its genesis and its potential links with the artistic world and, especially his fellows artist-theoreticians, remained to be fully investigated. This thesis aims therefore to investigate the role of the artistic references within Ficino’s magic thought, the influence of contemporary ideas on the art practice upon his conception of “astrological image”, and the nature of specific artworks typical of fifteenth-century Florence, which seem to respond to both a magical and an artistic purpose.


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