Théocrite et la création de la pastorale : entre mime et idylle

par Jean-Camille Richer

Thèse de doctorat en Langues et Littératures Anciennes

Sous la direction de Christophe Cusset.

Le président du jury était Isabelle Boehm.

Le jury était composé de Christophe Cusset, Isabelle Boehm, Alain Billault, Michel Briand, Damien Nelis.

Les rapporteurs étaient Alain Billault, Michel Briand.


  • Résumé

    Dans cette thèse est proposée une définition du genre poétique bien connu qu’est la poésie bucolique. Son point de départ réside dans le double statut qui la caractérise : c’est à la fois un titre (les Bucoliques) et un genre (la poésie bucolique). Le fait de privilégier l’un ou l’autre de ces statuts oriente la définition qui est retenue. Nous avons donc examiné les sources antiques et tenté d’inverser la perspective habituellement retenue : alors que l’on considère souvent que c’est le genre qui a engendré le titre, nous pensons que c’est le titre (Bucoliques) qui a engendré le genre. En d’autres termes, à l’origine, un poème bucolique n’est pas un « poème de bouviers », mais un poème contenu dans un recueil intitulé Βουκολικά. Ce n’est que dans un second temps que le sens du titre originel (Βουκολικά) se serait restreint au genre tel que nous le connaissons aujourd’hui (une « poésie de bouviers », souvent réduite à une « poésie de pâtres ») et qui aurait entraîné, à la fin de l’Antiquité, le remplacement de ce titre par les mots « idylles » et « églogues », qui à l’origine n’avaient aucun rapport avec la poésie bucolique. La définition du poème bucolique que nous proposons est fondée sur la rencontre entre deux personnes et l’interprétation d’un chant, car ce schéma s’observe dans la plupart des poèmes bucoliques, y compris post-théocritéens. Dès lors opère une loi de variation censée varier le genre des chants insérés. Cela créée une hiérarchie entre les genres : le poème bucolique n’est pas un poème de bouviers, mais un poème comportant l’interprétation d’un chant dont le genre est appelé à varier. La notion de « mime » n’est ici étudiée qu’à titre de variante de la bucolicité. En effet, trois poèmes de Théocrite sont ainsi décrits parce qu’ils n’appartiennent ni au monde de la campagne (poèmes bucoliques), ni au monde des héros (epyllia). Nous analysons la manière dont cette catégorie s’est constituée, puis sa pertinence : si elle permet à n’en pas douter de constater des codes communs entre les poèmes de Théocrite et ceux d’Hérondas, elle ne doit pas faire oublier que la différence métrique entre les deux auteurs implique une différence d’esthétique.

  • Titre traduit

    Theocritus and the Creation of Pastoral Poetry : between Mimes and Idylls


  • Résumé

    The aim of this study is a definition of Bucolic poetry. Nowadays it can be analized as a title (Bucolics) or as a poetry genre (bucolic poetry). The choice which is made between these two categories has consequences on the way bucolic poetry is theorised. I try to demonstrate that the genre was invented out of the title : at first, a bucolic poem was no more than a poem included in collection entitled Βουκολικά. At the end of Antiquity this title had been changed into Idylls in the Greek-speaking World and into Eglogues in the Latin-speaking world because the definition has changed. « Bucolicity » is based not on the cowherd, but on a scenario which is repeated from a poem to another : two people meet, a song is sung, and the people leave each other. Any poetic genre could be included in the song which is sung, so I distinguish the bucolic poem from the inserted song which lies inside. I then compare Theocritus to Herodas and Sophron because some bucolic poems are nowadays called « urban mimes ». The name of this categorie is modern, so it shows how new definitions (and new termes) are constantly proposed for poetic genres.

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