La prospective territoriale dans tous ses états. Rationalités, savoirs et pratiques de la prospective (1957 - 2014)

par Chloë Vidal-Kratochvil

Thèse de doctorat en Géographie

Sous la direction de Michel Lussault et de Jean-Jacques Wunenburger.


  • Résumé

    Développée dès la fin des années 1960 en France à partir de l’application des principes de la prospective, issus des travaux du philosophe Gaston Berger, à l’aménagement du territoire, la prospective territoriale fait aujourd’hui l’objet de nombreuses démarches tant au niveau étatique qu’au niveau des collectivités territoriales. Cette recherche propose d’interroger le sens des pratiques hétérogènes auxquelles elle a donné lieu, et entreprend pour ce faire de dénaturaliser la prospective devenue, au gré de ses différentes traductions dans les mécanismes de la décision publique, un « objet » aux contours imprécis. Nous proposons d’appréhender la prospective, d’abord présentée par Berger comme une « technique rationnelle » œuvrant à rendre l’action efficace pour l’homme, comme un « instrument de gouvernementalité » ou encore un « instrument d’action publique » producteur de normes (et en particulier de normes territoriales), ainsi que de mettre en exergue les conséquences des métamorphoses de la régulation politique sur l’état de cet « instrument prospective » et ses effets. En tant que rationalité cognitive (mode de connaissance du territoire), la prospective territoriale semble d’une part opérer un retour à la question anthropologique : elle se fait sociétale, toujours plus attentive aux pratiques spatiales. En tant que rationalité politique (mode d’administration de l’institution et du territoire), ses démarches deviennent d’autre part le lieu d’une mise à l’épreuve des catégories démocratiques encore liées à l’idéal moderne du territoire. Il appert ainsi que l’examen des dispositifs de prospective territoriale présente un intérêt pour l’analyse de la dimension spatiale de l’action politique, comme pour celle des modalités évolutives de l’action publique.

  • Titre traduit

    Territorial Foresight Studies in All of Its States. Rationalities, Knowledge, and the Practices of Foresight Studies (1957-2014)


  • Résumé

    Territorial Foresight Studies, developed in France at the end of the 1960s based on the application of philosopher Gaston Berger’s work to territorial management, has today become an area for numerous approaches at the state level as well as at the level of regional and local authorities. This thesis proposes to question the meaning of the heterogeneous practices to which it has given rise, and undertake, to that end, to denaturalize Foresight Studies which have become, in their various translations into the mechanisms of public decision, an “object” of imprecise outline. We propose to understand Foresight Studies, first presented by Berger as a “rational technique” working to render action effective for Man, as an “instrument of governmentality”, or again, an “instrument of public action” productive of norms (and in particular territorial norms), as well as to underline the consequences of the metamorphoses in political regulation on the state of this “foresight tool” and its effects. As a cognitive rationality (a mode of knowledge about territory), territorial foresight appears, on the one hand, to prepare for a return to the anthropological question: it becomes societal, ever more attentive to spatial practices; yet as political rationality (a mode of institutional and territorial administration), its approaches become, on the other hand, the site at which are tested democratic categories still tied to the modern ideal of territory. Evidently, the examination of apparatuses of territorial foresight are of interest for the analysis of the spatial dimension of political action, as well as for the evolutionary modalities of public action.

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